- Dans un contexte de tensions géopolitiques durables liées au conflit en Iran, le gouverneur de la Banque de France met en garde contre un choc pétrolier inédit.
- Si la croissance française devrait rester positive, l’institution appelle à accélérer la transition énergétique et à maintenir une stricte discipline des finances publiques.
L’onde de choc du conflit en Iran commence à se diffuser dans l’économie mondiale. Interrogé ce lundi 4 avril sur BFMTV/RMC, François Villeroy de Galhau a évoqué « un choc sans précédent », soulignant le degré élevé d’incertitude entourant ses répercussions économiques.
« Nous ne savons pas quels vont être exactement les effets économiques de la crise », a-t-il reconnu. Dans ce contexte, la Banque de France a construit trois scénarios afin d’encadrer ses prévisions, illustrant la difficulté à anticiper l’évolution de la situation énergétique et géopolitique.
Une croissance faible mais préservée
Malgré ces tensions, l’économie française devrait éviter une contraction en 2026. Selon les projections de la Banque de France, la croissance évoluerait dans une fourchette comprise entre 0,3 % et 0,9 %.
« Dans tous les scénarios que nous publions, on garderait quand même une croissance positive cette année », a insisté le gouverneur, écartant à ce stade l’hypothèse d’une récession.
Dans une perspective plus structurelle, le gouverneur appelle à une transformation de fond du modèle économique. « Il est essentiel d’accélérer sur la transition énergétique », a-t-il déclaré, jugeant que « nous ne pouvons pas vivre avec des crises internationales qui prennent en otage notre économie ».
S’il souligne l’avantage comparatif de la France « plutôt en avance grâce au nucléaire », il appelle néanmoins à un relèvement des ambitions publiques afin de réduire la dépendance aux chocs extérieurs.
Des marges de manœuvre budgétaires limitées
Sur le terrain des finances publiques, le gouverneur appelle à la retenue. Face à la flambée des prix de l’énergie, les dispositifs de soutien doivent rester ciblés et temporaires.
« Nous n’avons plus d’argent pour financer des mesures générales – qui sont par ailleurs assez inefficaces –, donc il faut faire des mesures ciblées », a-t-il expliqué, évoquant notamment les aides destinées aux grands rouleurs. Et d’ajouter : « Je pense par ailleurs qu’elles doivent être temporaires ».
À l’approche de la fin de son mandat, François Villeroy de Galhau réaffirme la nécessité de préserver la crédibilité budgétaire de la France. « Je crois qu’il faut tenir cet objectif de limite du déficit à 5 % (du PIB) », a-t-il déclaré, tout en rappelant la cible de moyen terme : « garder l’objectif de ramener notre déficit à 3 % d’ici 2029 ». Une trajectoire jugée indispensable pour contenir le poids de la dette publique.
