- La Turquie souhaite renouveler avant son échéance de septembre 2027 son contrat de gaz naturel liquéfié avec l’Algérie.
- Les discussions portent également sur une hausse des volumes importés jusqu’à 6,5 milliards de mètres cubes par an, ainsi que sur un possible acheminement d’une partie du gaz algérien vers l’Europe du Sud-Est via les infrastructures turques.
La Turquie accélère ses discussions avec l’Algérie pour prolonger son contrat d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL), alors que l’accord actuel arrive à échéance en septembre 2027. L’annonce a été faite jeudi 7 mai par le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, en marge de la visite du président algérien Abdelmadjid Tebboune à Ankara.
« Nous espérons finaliser un nouvel accord cette année. Notre contrat actuel expire en septembre 2027, nous visons donc son renouvellement », a déclaré le ministre turc, cité par Reuters.
Le partenariat gazier entre Sonatrach et la société publique turque Botas remonte à 1988. Depuis, les deux groupes ont renouvelé à plusieurs reprises leurs accords d’approvisionnement, faisant de l’Algérie l’un des fournisseurs historiques de gaz de la Turquie.
Une hausse des volumes jusqu’à 6,5 milliards de m³
Au-delà du renouvellement du contrat, Ankara souhaite augmenter significativement les quantités importées. Le contrat actuel porte sur 4,4 milliards de mètres cubes par an, mais les autorités turques envisagent une montée en puissance.
« Nous avons actuellement un accord annuel portant sur 4,4 milliards de mètres cubes. Nous pouvons porter ce volume à 6 ou 6,5 milliards de mètres cubes », a indiqué Alparslan Bayraktar.
Selon le ministre turc, le futur accord pourrait être conclu pour une durée comprise entre cinq et dix ans. Une extension qui offrirait une visibilité accrue aux deux partenaires dans un contexte de recomposition des marchés énergétiques et de diversification des routes d’approvisionnement vers l’Europe.
La Turquie veut devenir une plateforme régionale du gaz
Ankara envisage également de réexporter une partie du gaz algérien vers les marchés européens. Le ministre turc de l’Énergie a expliqué qu’une partie du GNL pourrait être traitée dans les infrastructures turques avant d’être acheminée vers l’Europe du Sud-Est, notamment via la Bulgarie.
Cette stratégie s’inscrit dans l’ambition de la Turquie de renforcer son rôle de hub énergétique régional entre les producteurs méditerranéens et les consommateurs européens.
Pour l’Algérie, cette perspective offrirait un relais supplémentaire vers le marché européen, dans un contexte où les pays du continent cherchent à sécuriser leurs approvisionnements énergétiques.
Une coopération élargie à l’exploration offshore
Les discussions entre Alger et Ankara ne se limitent plus au commerce du gaz. Alparslan Bayraktar a également évoqué un projet de coopération entre Sonatrach et Turkish Petroleum dans l’exploration pétrolière et gazière offshore au large des côtes algériennes.
Ce rapprochement illustre la volonté des deux pays d’élargir leur partenariat énergétique aux activités d’exploration et de production, alors que l’Algérie cherche à attirer davantage d’investissements dans son secteur des hydrocarbures.
Alger et Ankara visent 10 milliards de dollars d’échanges commerciaux
La coopération énergétique constitue l’un des piliers d’une relation économique plus large entre les deux pays. L’Algérie et la Turquie ont réaffirmé leur objectif d’atteindre 10 milliards de dollars d’échanges commerciaux à l’horizon 2030.
Dans une déclaration conjointe avec Recep Tayyip Erdogan, le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé « le lancement des négociations portant sur l’accord commercial préférentiel concernant une liste déterminée de marchandises ».
Selon le chef de l’État algérien, cet accord « contribuera à porter le volume des échanges commerciaux et des investissements à dix milliards de dollars à l’horizon 2030″.
Industrie, mines, agriculture : un partenariat stratégique en expansion
Abdelmadjid Tebboune a souligné que cette visite en Turquie visait « la diversification de la coopération économique et l’élargissement des domaines de partenariat aux secteurs des énergies renouvelables, de l’agriculture, de l’industrie et des mines ».
De son côté, Recep Tayyip Erdogan a qualifié l’Algérie d’« un des plus grands partenaires commerciaux de la Turquie sur le continent africain, notamment dans plusieurs domaines stratégiques, en tête desquels l’énergie, les mines, les transports et l’agriculture ».
Le président turc a également rappelé que plus de 1.600 entreprises turques opèrent actuellement en Algérie, notamment dans l’industrie, les mines et l’agriculture. « Nous continuerons à développer notre amitié et notre coopération avec l’Algérie dans tous les domaines, sur la base du principe gagnant-gagnant », a affirmé Recep Tayyip Erdogan.
