- Face à une vague de chaleur d’une intensité exceptionnelle, le gouvernement active pour la première fois le plan Orsec « chaleurs extrêmes » dans les départements placés en vigilance rouge.
- Ce dispositif inédit vise à renforcer la protection des populations les plus vulnérables, alors que le nombre de départements concernés doit fortement augmenter au cours du week-end.
Le gouvernement franchit un nouveau cap dans la gestion des épisodes de canicule. Avant une réunion d’une cellule de crise présidée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a annoncé ce vendredi le déclenchement, pour la première fois, d’un plan Orsec « chaleurs extrêmes » dans l’ensemble des départements placés en vigilance rouge.
Neuf départements sont concernés à partir de ce vendredi midi, mais ce chiffre devrait atteindre 24 samedi, selon les dernières prévisions de Météo-France, illustrant l’ampleur de cet épisode de chaleur.
Un dispositif renforcé pour protéger les populations les plus fragiles
Ce nouveau plan s’appuie sur les enseignements tirés des précédentes vagues de chaleur. « L’objectif de ce plan qui n’existait pas par le passé, c’est de tenir compte du retour d’expérience des dernières vagues », a expliqué Maud Bregeon.
La porte-parole a insisté sur la nécessité de mieux protéger les personnes les plus exposées aux risques sanitaires liés aux températures extrêmes. « Les personnes les plus vulnérables, celles qui sont seules, souvent en ville, souvent âgées, subissent davantage de surmortalité que le reste de la population. On va donc ouvrir des centres dédiés, des centres de protection, des centres de rafraîchissement, dans lesquels on va pouvoir les mettre à l’abri », a-t-elle précisé.
Les préfets, les communes et les ARS mobilisés
Placée sous l’autorité des préfets, cette organisation exceptionnelle reposera sur une coordination étroite avec les collectivités locales et les Agences régionales de santé (ARS), qui disposent déjà de registres recensant les personnes vulnérables, notamment les personnes âgées isolées.
Le dispositif pourra également bénéficier aux personnes sans domicile fixe. « Pour qui c’est très difficile. On a tendance à en parler quand il fait très froid l’hiver, mais c’est aussi le cas quand il fait très chaud l’été (…) L’objectif, c’est de protéger les Français les plus vulnérables », a rappelé Maud Bregeon.
Golfech : un arrêt de réacteur jugé conforme aux procédures
Interrogée sur l’arrêt, jeudi, d’un réacteur de la centrale nucléaire de Golfech, près de Toulouse, provoqué par la température élevée de la Garonne, la porte-parole a tenu à relativiser l’événement.
« C’est un phénomène qui est assez ordinaire », a-t-elle assuré, rappelant que « lors de la précédente vague de canicule, trois réacteurs avaient été mis à l’arrêt pour des raisons environnementales ». Selon elle, cette décision « est rassurante parce qu’on a des règles, qu’on les respecte. Ça ne représente pas grand-chose sur la puissance annuelle ».
Le changement climatique désormais intégré dans la stratégie nucléaire
Au-delà de la gestion immédiate de la canicule, le gouvernement affirme adapter durablement les infrastructures énergétiques aux effets du réchauffement climatique.
Maud Bregeon a assuré que les conséquences du réchauffement climatique sont désormais intégrées à la conception et à l’exploitation du parc nucléaire français. Selon elle, « tant sur le parc historique » que pour « les futurs réacteurs qu’on va construire », les enjeux liés au changement climatique et à « l’augmentation des températures » sont désormais pris en compte dans les opérations de maintenance comme dans les travaux de conception, afin de rendre les installations « plus résistantes ».
Cette évolution s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la résilience du parc nucléaire français face à la multiplication des épisodes climatiques extrêmes.
