- La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, après une nouvelle vague de frappes américaines, ravive les craintes d’une crise énergétique mondiale.
- Alors que les cours du pétrole repartent nettement à la hausse, les affrontements s’étendent désormais à plusieurs pays du Golfe, faisant craindre une déstabilisation durable de la région.
La tension est montée d’un cran au Moyen-Orient. Après une troisième série de frappes américaines menée cette semaine contre l’Iran, Téhéran a annoncé dimanche la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique par lequel transite près de 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures.
La décision intervient en représailles à une vaste offensive américaine menée après l’attaque d’un navire marchand dans cette zone maritime cruciale. Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi : les prix du brut ont bondi lundi matin, les investisseurs redoutant une perturbation durable des approvisionnements mondiaux.
Selon le Commandement central américain (Centcom), le porte-conteneurs GFS Galaxy, battant pavillon chypriote, a été pris pour cible par les forces iraniennes. L’attaque s’est produite à environ 17 kilomètres à l’est de la péninsule de Moussandam, dans les eaux proches d’Oman, selon l’agence britannique UKMTO. L’incendie provoqué à bord a contraint l’équipage à abandonner le navire.
Le Centcom précise qu’« un membre d’équipage civil est porté disparu et le navire n’est pas en mesure de poursuivre sa route en raison d’un incendie à bord et de dégâts importants subis par la salle des machines ».
Washington frappe près de 140 cibles militaires en Iran
En riposte à l’attaque du porte-conteneurs, les États-Unis ont déclenché une vaste offensive aérienne contre l’Iran. Selon le Commandement central américain (Centcom), près de 140 cibles militaires ont été frappées, parmi lesquelles des sites de missiles et de drones, des infrastructures navales, des dépôts de munitions, des réseaux de communication ainsi que des postes de surveillance côtière.
Des explosions ont été signalées à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l’île de Qeshm ainsi que dans la province du Khouzistan, selon plusieurs médias iraniens. Les agences Mehr et Tasnim rapportent qu’un militaire iranien a été tué lors des frappes.
Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a justifié cette offensive dans un message publié sur X : « L’Iran a fait un mauvais choix. Maintenant ils paient. »
Dans le même temps, Washington a rétabli ses sanctions économiques contre les exportations de pétrole iranien.
Les Gardiens de la Révolution revendiquent plusieurs attaques navales
Pour justifier la fermeture du détroit d’Ormuz, les Gardiens de la Révolution accusent plusieurs bâtiments d’avoir enfreint les règles de navigation. « Plusieurs navires ont tenté d’emprunter une route non autorisée et ont ignoré nos avertissements », ont-ils déclaré.
Ils affirment également qu’« un navire qui avait mis en danger la sécurité maritime en désactivant ses systèmes a été touché par des tirs d’avertissement et arrêté ».
Quelques heures plus tard, les autorités iraniennes ont annoncé avoir frappé « un deuxième navire qui violait les régulations dans le détroit d’Ormuz« , sans fournir davantage de précisions sur son identité.
Les attaques s’étendent à plusieurs pays du Golfe
L’escalade ne se limite plus au territoire iranien et gagne désormais plusieurs pays du Golfe. Téhéran a revendiqué des tirs de missiles et de drones contre différents États de la région, tandis que le Koweït et les Émirats arabes unis ont annoncé avoir été confrontés à des attaques aériennes.
À Bahreïn, le ministère de l’Intérieur a indiqué que « les sirènes d’alerte ont été déclenchées », appelant la population à « rester calme et se rendre dans l’abri le plus proche ». Au Qatar, trois personnes, dont un enfant, ont été blessées par « des chutes de débris issus d’une opération d’interception ». Les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir pris pour cible une base aérienne américaine située dans l’émirat, « en réponse aux attaques continues » menées par Washington.
L’armée iranienne a également revendiqué une frappe contre le port omanais de Duqm, où elle affirme avoir détruit des infrastructures logistiques servant au soutien des porte-avions américains.
Les marchés redoutent un choc durable sur l’énergie mondiale
La fermeture du détroit d’Ormuz fait craindre un choc majeur sur les marchés de l’énergie. Cette voie maritime constitue le principal corridor d’exportation du pétrole produit par les pays du Golfe.
Toute interruption prolongée du trafic pourrait perturber les flux mondiaux d’hydrocarbures, alimenter une nouvelle flambée des prix du pétrole et accentuer les tensions inflationnistes à l’échelle internationale.
