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Tunisie : la BCT relève les barèmes de financement des cultures céréalières

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  • La Banque centrale de Tunisie a actualisé les montants de référence utilisés par les banques pour financer les cultures céréalières et fourragères.
  • La réforme introduit des barèmes différenciés selon les cultures, les zones de production et le recours ou non à l’irrigation.

  La Banque centrale de Tunisie (BCT) modernise le cadre bancaire applicable au financement des campagnes céréalières. Publiée le mardi 18 août 2026 au Journal officiel de la République tunisienne (JORT), la circulaire révise un dispositif dont les principales dispositions remontaient au 23 décembre 1987.

Le texte actualise les montants auxquels les établissements bancaires peuvent se référer pour financer le blé dur, le blé tendre, les légumineuses, l’orge et certaines cultures fourragères. Il établit désormais une distinction plus précise selon les zones agricoles et les conditions de production.

Pour le blé dur, le blé tendre et les légumineuses cultivés en sec, le plafond de référence atteint 1 415 dinars par hectare dans la zone 1 et 1 175 dinars dans la zone 2.

Le financement peut s’élever à 1 930 dinars par hectare lorsque les cultures sont irriguées, dans les deux zones concernées. Ce montant, le plus élevé du nouveau barème, traduit notamment l’importance des dépenses associées à l’irrigation.

La circulaire retient également une grille particulière pour l’orge. D’après les informations de l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), relayées par L’Économiste Maghrébin, le plafond est fixé à 940 dinars par hectare dans la zone 1, à 890 dinars dans la zone 2 et à 350 dinars dans la zone 3.

Des barèmes spécifiques pour les cultures fourragères

Les cultures fourragères bénéficient, elles aussi, de références distinctes selon leur cycle de production. Le montant retenu atteint 1 030 dinars par hectare pour les fourrages d’hiver cultivés en sec, contre 1 260 dinars pour les fourrages d’été irrigués.

La circulaire précise également les échéances de remboursement. Elles sont fixées au 31 août pour les céréales et les cultures fourragères d’hiver, tandis que les financements consacrés aux fourrages d’été doivent être remboursés au plus tard le 30 septembre, selon La Presse de Tunisie.

Cette différenciation marque l’abandon d’une approche uniforme du financement agricole. Le niveau de référence dépend désormais plus directement de la nature de la culture, de la localisation de l’exploitation et de son mode de production.

Des plafonds qui ne garantissent pas le montant du crédit

Les nouveaux barèmes ne correspondent toutefois pas à des crédits automatiquement accordés aux agriculteurs. Ils constituent des plafonds et des références destinés à guider l’intervention des banques.

Le montant effectivement octroyé devra être modulé en fonction de la superficie de l’exploitation, des dépenses prévues et des rendements obtenus au cours des campagnes précédentes, précise la présentation du dispositif par l’Observatoire national de l’agriculture.

Une exploitation située dans une zone bénéficiant d’un plafond élevé ne recevra donc pas nécessairement l’intégralité du montant calculé par hectare. La décision restera soumise à l’analyse du dossier par l’établissement bancaire.

Les performances passées intégrées à l’évaluation

En demandant aux banques de prendre en considération les rendements des campagnes précédentes, la BCT renforce la place du risque agricole dans l’évaluation du crédit. Les performances de l’exploitation viennent ainsi compléter l’examen de sa superficie et de ses besoins financiers.

Cette approche peut permettre d’ajuster plus finement le financement à la réalité économique de chaque exploitation. Elle pourrait néanmoins pénaliser les producteurs ayant enregistré de faibles rendements en raison d’aléas climatiques indépendants de leur gestion, notamment lors des années de sécheresse.

La circulaire n°2026-7 ne crée donc pas un nouveau mécanisme de crédit agricole. Elle actualise les critères d’intervention, de contrôle et de refinancement établis par la BCT en 1987, afin de rapprocher les références bancaires des conditions actuelles de production.

Reste une question déterminante pour les agriculteurs : celle de l’adéquation entre ces nouveaux plafonds et les coûts réellement supportés. La circulaire fixe le cadre dans lequel les banques peuvent intervenir, mais elle ne permet pas, à elle seule, d’établir si les montants retenus couvrent l’ensemble des dépenses engagées par les producteurs.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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