- L’annonce du nouveau gouvernement a suscité de vives réactions, notamment celle d’Akli Mellouli.
- Le sénateur du Val-de-Marne fustige une politique de continuité, et dénonce une équipe recyclée qui, selon lui, trahit les attentes des Français et accentue les fractures démocratiques.
Ce lundi 23 décembre 2024, le nouveau gouvernement a été annoncé, provoquant une série de réactions dans le paysage politique français. Parmi elles, la réaction du sénateur du Val-de-Marne, Akli Mellouli. « Ce n’est pas un gouvernement, c’est une recyclerie, on a recyclé tout le monde. Ce sont des gens qui sont là depuis toujours », a-t-il lancé.
Selon lui, cette composition gouvernementale trahit les attentes des Français, qui aspiraient à une rupture politique. « Le message des Français, qui voulaient une politique de rupture, a été ignoré. Et on s’étonne que les gens se désintéressent de la chose publique et de la politique », a-t-il ajouté.
Un gouvernement marqué à droite
Akli Mellouli n’a pas mâché ses mots pour décrire la ligne politique de ce gouvernement. « C’est un gouvernement dont le point d’équilibre n’est pas très différent de celui de Michel Barnier : bien à droite et disposé à lâcher des points au Rassemblement national pour survivre », a-t-il expliqué. Selon lui, cette équipe ministérielle assume désormais ouvertement de travailler avec le RN. « La ligne politique est claire : ils veulent la censure. Ils auront la censure », a-t-il martelé.
Le sénateur s’inquiète de l’absence d’équilibre et d’ouverture dans ce gouvernement. « Ils ont recyclé toutes les personnes qui ont conduit au rejet du macronisme dans les urnes lors des dernières législatives. Ce n’est rien qu’un gouvernement incapable de réconcilier les Français », a-t-il affirmé.
Des nominations controversées
Parmi les choix ministériels, Akli Mellouli a pointé du doigt certaines nominations qu’il juge hautement problématiques. La désignation de Manuel Valls au poste de ministre des Outre-mer l’a particulièrement choqué : « Ce qui est dingue, c’est de mettre aussi haut dans le protocole le ministère de l’Outre-mer et de le confier à Manuel Valls. C’est une insulte aux Mahorais, à ce qu’ils ont vécu. Ses propos, ses positions, tout cela dépasse l’entendement », a-t-il déclaré.
Il a également critiqué la nomination d’Aurore Bergé au poste de ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les homme et de la Lutte contre les discriminations. « Nous avons tous entendu ses déclarations sur les plateaux de télévision, y compris ses positions controversées sur la question de la Palestine. Ce sont des personnes qui ne respectent pas le droit international. L’humanité n’est pas leur boussole », a-t-il asséné.
Une attaque directe contre la gauche
Pour Akli Mellouli, ce gouvernement n’envoie aucun signal en direction de la gauche. Au contraire, il y voit un mépris affiché. « On prend des personnes soi-disant de gauche ou à tendance de gauche. Mais que signifie ‘tendance de gauche’ ? Ce sont des personnes qui ne sont plus de gauche depuis longtemps, qui ont trahi les valeurs de la gauche. Comme Manuel Valls, qui a trahi Benoît Hamon en 2017 lorsqu’il a perdu les primaires. La nomination de Manuel Valls n’est pas un signal envoyé à la gauche, c’est une insulte », a-t-il expliqué.
« C’est un gouvernement qui ne mérite qu’une chose : la censure ! C’est un appel à la censure ! On ne peut pas confier le destin de la France à ces gens-là, ils sont un danger pour la démocratie », a-t-il ajouté
Une rare salve de respect pour Xavier Bertrand
Malgré ses critiques cinglantes, Akli Mellouli a salué la décision de Xavier Bertrand de refuser un poste dans ce gouvernement. « Je le dis, et ce n’est pas tous les jours, Xavier Bertrand est sorti avec une grande dignité. Lui, il n’aura pas le déshonneur. Il a la défaite, mais pas le déshonneur. Il refuse de prendre le poste, car le Rassemblement national arbitre qui entre au gouvernement ou pas. On en est là ! », affirme-t-il.
Enfin, le sénateur du val de marne précise que ce « gouvernement est déconnecté des attentes des Français et dangereux pour la démocratie ».
