- Donald Trump relance la guerre commerciale en imposant des droits de douane sur les produits chinois dès le 1er février, une décision qui fait déjà réagir Pékin.
- Le président américain ne se limite pas à la Chine et menace également l’Union européenne, accusée de pratiques commerciales déséquilibrées.
Donald Trump, récemment élu président des États-Unis, a confirmé l’imposition de droits de douane de 10 % sur les produits chinois à compter du 1er février. Une annonce qui ravive les tensions commerciales entre Washington et Pékin, tout en ciblant également l’Union européenne, qualifiée de « petite Chine ».
Des sanctions justifiées par des accusations graves
Mardi, lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, Donald Trump a expliqué que cette décision visait à répondre aux pratiques jugées agressives de la Chine. Il a notamment accusé Pékin d’être impliqué dans le trafic de fentanyl, un opioïde mortel transitant par le Mexique et le Canada avant d’atteindre les États-Unis.
« Nous discutons de 10 % de droits de douane sur les produits chinois car ils envoient du fentanyl au Mexique et au Canada », a-t-il déclaré. « C’est sans doute pour le 1er février, c’est la date que nous regardons. »
En parallèle, il a évoqué une hausse des taxes, jusqu’à 25 %, sur certains produits mexicains et canadiens, déjà annoncée la veille.
La Chine réagit avec fermeté
Face à cette offensive, Pékin n’a pas tardé à répondre. Mercredi, Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a dénoncé cette décision : « Nous avons toujours estimé qu’il n’y a pas de gagnants dans une guerre commerciale ou une guerre des droits de douane. »
Guo Chacun, un autre porte-parole de la diplomatie chinoise, avait déjà exprimé, la veille, la volonté de Pékin de maintenir un dialogue constructif avec Washington : « Nous sommes prêts à renforcer le dialogue et la communication avec les États-Unis, à gérer correctement les différends et à élargir la coopération mutuellement bénéfique. »
L’Europe dans le viseur
Mais la Chine n’est pas la seule cible des attaques de Donald Trump. Lors de la même conférence, il a dénoncé les pratiques commerciales de l’Union européenne, l’accusant de traiter les États-Unis « très mal » en limitant les importations de produits agricoles et automobiles américains.
« L’UE est très mauvaise pour nous. Ils ne prennent pas nos voitures ou nos produits agricoles. En fait, ils ne prennent pas grand-chose. Donc, ils sont bons pour des droits de douane », a-t-il déclaré.
L’Union européenne, comparée par Trump à « une petite Chine », a été critiquée pour le déficit commercial qu’elle génère vis-à-vis des États-Unis, estimé à 131 milliards de dollars en 2023 selon les données officielles.
« Nous avons un déficit commercial avec l’UE de 350 milliards de dollars », a affirmé Trump. Le président a notamment pointé du doigt des pays comme l’Allemagne, la France, l’Irlande et l’Italie, soulignant des causes variées, allant de la fiscalité avantageuse en Irlande à la compétitivité industrielle allemande.
L’UE appelle au dialogue mais reste vigilante
Ces menaces ne sont pas inédites. Lors de son précédent mandat, Donald Trump avait déjà imposé des droits de douane sur des produits européens, notamment sur l’acier et l’aluminium, en représailles au différend entre Boeing et Airbus.
Cette fois, l’Union européenne se montre prête à engager des discussions, comme l’a affirmé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, au Forum économique de Davos : « Notre première priorité est d’entamer rapidement des discussions sur nos intérêts communs et d’être prêts à négocier. Nous serons pragmatiques mais nous resterons fermes sur nos principes : la défense de nos intérêts et le respect de nos valeurs. »
Elle a également tendu la main à Pékin, soulignant l’importance de maintenir des relations équilibrées avec tous les partenaires économiques : « L’Europe continuera à prôner la coopération, pas seulement avec nos amis de longue date, mais aussi avec tous les pays avec qui nous avons des intérêts communs. »
Le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a également assuré que l’UE était prête à défendre ses intérêts : « Comme nous l’avons déjà fait lors du premier gouvernement Trump lorsqu’il a introduit des droits de douane sur l’acier et l’aluminium. »
Un climat de commerce international sous tension
La décision de Donald Trump risque de raviver les tensions économiques mondiales. Alors que la Chine promet de défendre ses intérêts et que l’Union européenne appelle à la négociation, les impacts de cette politique protectionniste sur le commerce international pourraient être significatifs.
Avec ces annonces, le président américain montre une fois de plus qu’il est prêt à mettre à exécution ses menaces pour réduire les déficits commerciaux des États-Unis. Les prochains mois s’annoncent cruciaux pour évaluer l’ampleur des conséquences économiques et diplomatiques de ces mesures
