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Sommet africain sur l’énergie : électrification et programmes régionaux de coopération

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  • Dar Es Salaam, la capitale tanzanienne, a été le théâtre d’un sommet d’envergure les 27 et 28 janvier.
  • Cette rencontre a réuni 27 chefs d’État, des ministres de l’Énergie et des Finances, ainsi que des représentants d’institutions régionales et internationales.
  • Au cœur des discussions : l’initiative Mission 300, qui vise à fournir l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici 2030.

Les débats ont été dominés par l’importance de la coopération régionale pour résoudre la crise énergétique qui frappe le continent. « L’Algérie cherche à renforcer son rôle dans l’interconnexion électrique avec les pays voisins », a déclaré Mohamed Arkab, ministre algérien de l’Énergie.

Il a évoqué des projets concrets, notamment une ligne électrique de 400 kilovolts avec la Tunisie, qui facilitera les échanges d’énergie entre les deux pays, ainsi que des efforts pour étendre cette connexion à la Libye. Ces initiatives visent à « renforcer la coopération régionale et les échanges d’électricité », a-t-il ajouté.

Modernisation des infrastructures

L’Algérie poursuit des investissements massifs dans son réseau électrique. Selon le ministre, des « mégaprojets ont été lancés pour construire des lignes de transmission à haute tension s’étendant sur plus de 5 000 km ». Ces efforts visent à connecter les régions du Sud au réseau national, qui s’étend désormais sur plus de 35 000 km.

La capacité de production d’électricité du pays atteint 28 GW, permettant de répondre à la demande intérieure tout en exportant le surplus. Arkab a précisé que « plus de 12 millions de foyers ont été raccordés à l’électricité et 8 millions au gaz naturel », avec des taux de couverture de 99 % pour l’électricité et 70 % pour le gaz.

Un projet d’interconnexion électrique entre l’Algérie et l’Europe via la mer Méditerranée est également en cours. Selon Arkab, ce projet permettra à l’Algérie d’exporter son surplus d’énergie et de « contribuer à la diversification des sources énergétiques des pays européens ».

Les participants au Sommet africain sur l’énergie à Dar es Salam ( CD photo ministre algérien de l’énergie

Le projet de gazoduc transsaharien : une intégration continentale

Dans le domaine du gaz, l’Algérie joue un rôle pivot avec le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger. Soutenu par l’Union africaine et la Banque africaine de développement (BAD), ce gazoduc pourra transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l’Europe.

Selon Mohamed Arkab, ce projet est « une étape importante dans la promotion de l’intégration sur le continent ».

Mohamed Arkab, ministre algérien de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables et Fatma Thabet, ministre tunisienne de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie

La Tunisie : un acteur régional déterminé

Fatma Thabet, ministre tunisienne de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, a souligné l’engagement de la Tunisie dans cet effort collectif. Elle a déclaré que « la Tunisie travaille à réduire sa trace carbone et à réaliser les Objectifs de développement durable ».

Elle a rappelé les réalisations de la STEG International Services, qui depuis 2006 a mené à bien 200 projets dans 29 paysd’Afrique subsaharienne, raccordant plus de 400 000 foyers au réseau électrique. « Les experts tunisiens sont disponibles pour mettre leur savoir-faire au service de l’amélioration de l’infrastructure énergétique », a-t-elle affirmé.

Mission 300 : une ambition pour l’avenir

L’initiative Mission 300, soutenue par la BAD et la Banque mondiale, vise à fournir l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici 2030. « Cette initiative créera une nouvelle dynamique, renforcera le développement économique et réduira la pauvreté énergétique », a indiqué un représentant de la BAD.

Le sommet a réuni 1 300 participants, dont 172 représentants du secteur privé et des bailleurs de fonds tels que la BAD et le groupe de la Banque mondiale.

Avec près de 600 millions d’Africains encore privés d’électricité, cette mobilisation marque une étape cruciale pour répondre aux besoins énergétiques du continent et ouvrir la voie à une transition énergétique inclusive.

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