Le président russe Vladimir Poutine s’est longuement exprimé lundi 24 février sur la situation en Ukraine, réaffirmant sa vision des négociations de paix et critiquant durement son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky.
Tout en accusant ce dernier de nuire à son propre pays, le maître du Kremlin a laissé entendre que l’Union européenne pourrait jouer un rôle dans les discussions diplomatiques. Lors de son allocution télévisée, Vladimir Poutine n’a pas mâché ses mots à l’égard du président ukrainien.
Reprenant certaines critiques déjà formulées par l’ancien président américain Donald Trump, il a qualifié Volodymyr Zelensky de « figure toxique », l’accusant de semer la discorde au sein de l’armée et de la société ukrainienne.
Le dirigeant russe a également souligné que le président ukrainien avait interdit par décret, en octobre 2022, toute négociation avec Moscou. « Il esquive les pourparlers », a-t-il déclaré, estimant que ses chances de réélection en Ukraine étaient « absolument nulles ».
L’Union européenne, un acteur à ne pas négliger
Alors que certains pays européens craignent d’être mis à l’écart des discussions entre Moscou et Washington, Vladimir Poutine a tenu à clarifier sa position. Selon lui, l’Union européenne doit avoir sa place dans d’éventuelles négociations.
« Les Européens, mais aussi d’autres pays, ont le droit et la possibilité de participer », a-t-il affirmé, avant de rappeler que ce sont les États européens qui ont, selon lui, rompu le dialogue avec la Russie après le déclenchement du conflit.
Les ressources ukrainiennes, enjeu des pourparlers avec les États-Unis
En parallèle, les discussions entre Kiev et Washington avancent sur un possible accord concernant l’exploitation des minerais stratégiques ukrainiens. Un sujet sur lequel Poutine reste mesuré : « Ce n’est pas mon affaire », a-t-il déclaré, tout en se disant favorable à des investissements étrangers dans les territoires occupés par la Russie.
« Nous sommes prêts à travailler avec nos partenaires, y compris américains, dans ces nouvelles régions », a-t-il précisé.
Une ouverture à la réduction des dépenses militaires
Autre point majeur de son intervention : la question des dépenses militaires. Réagissant à une proposition récente de Joe Biden visant à réduire de moitié les budgets militaires des États-Unis, de la Russie et de la Chine, Vladimir Poutine s’est dit ouvert au dialogue. « Nous pourrions conclure un accord avec les États-Unis : ils réduiraient de 50 %, nous réduirions de 50 %. La Chine pourrait se joindre à nous si elle le souhaite », a-t-il suggéré.
Des échanges économiques russo-américains en toile de fond
Enfin, malgré le contexte géopolitique tendu, Vladimir Poutine a évoqué l’existence de contacts entre entreprises russes et américaines sur des projets communs. Une perspective qui fait écho aux déclarations récentes de Washington, évoquant des « partenariats économiques potentiellement historiques » en cas de résolution du conflit.
