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Chômage : les seniors et entrepreneurs, grands perdants de la réforme 2025

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  • La réforme de l’assurance chômage, conclue en novembre dernier avec les partenaires sociaux, entrera en vigueur le 1er avril 2025.  
  • Avec des conditions d’indemnisation durcies, l’objectif affiché par le gouvernement est clair : favoriser le retour à l’emploi dans un contexte où les tensions sur le marché du travail persistent.

Une ambition qui se traduit par des économies conséquentes pour l’Unédic, mais qui suscite également de vives inquiétudes parmi les demandeurs d’emploi. Selon la dernière étude d’impact de l’Unédic publiée le 25 février, la réforme devrait permettre d’économiser environ 2,3 milliards d’euros entre 2025 et 2028. Un gain financier obtenu grâce à une réduction drastique des indemnités chômage, estimée à 3,93 milliards d’euros, malgré l’engagement de 470 millions d’euros de nouvelles dépenses.

Une mensualisation des allocations au détriment des allocataires

Parmi les mesures les plus marquantes figure la mensualisation des allocations de retour à l’emploi (ARE). Dès avril 2025, les indemnités seront calculées sur la base de 30 jours par mois, quel que soit le nombre de jours calendaires. Une simplification administrative qui entraînera néanmoins une baisse automatique des droits pour tous les demandeurs d’emploi, particulièrement lors des mois comptant 31 jours.

Un coup dur pour les créateurs et repreneurs d’entreprises

Les créateurs et repreneurs d’entreprises voient également leurs droits réduits. Alors qu’ils pouvaient jusqu’à présent cumuler intégralement leurs allocations chômage avec les revenus de leur activité, ce cumul sera désormais plafonné à 60 % des droits restants. Résultat : 100 000 entrepreneurs verront leur durée d’indemnisation raccourcie la première année, tandis que 50 000 allocataires ne percevront plus aucune allocation chaque mois en vitesse de croisière.

Autre coup de rabot, la suppression du second versement de l’Aide à la reprise ou à la création d’entreprise (Arce) pour les entrepreneurs retrouvant un emploi en CDI à temps plein, privant 3 500 bénéficiaires par an de cette aide, et permettant à l’Unédic d’économiser 25 millions d’euros par an.

Seniors : les premiers sacrifiés

Les demandeurs d’emploi âgés de 53 à 56 ans font partie des principaux perdants de la réforme. La durée maximale d’indemnisation des 53-54 ans passera de 22,5 mois à 18 mois, soit une réduction de 4,5 mois. Pour bénéficier de la durée maximale d’indemnisation, il faudra attendre 57 ans, contre 55 ans auparavant.

Le maintien des droits jusqu’à la retraite sera lui aussi repoussé, passant de 62 à 64 ans, en cohérence avec le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite. Conséquence : 35 000 allocataires par an risquent de se retrouver sans revenus avant de pouvoir toucher leur pension.

Une réforme sous haute tension

Présentée comme une solution pour équilibrer les comptes de l’Unédic, cette réforme suscite une forte opposition chez les syndicats et associations de chômeurs, qui dénoncent des mesures injustes et brutales. Si l’incitation au retour à l’emploi reste la priorité du gouvernement, l’impact social de ces nouvelles règles pose question.

 Avec cette réforme, l’exécutif entend concilier rééquilibrage budgétaire et retour à l’emploi. Mais à quel prix ? Alors que la situation économique reste fragile, ces nouvelles règles risquent d’accentuer la précarité de nombreux demandeurs d’emploi, en particulier les seniors et les créateurs d’entreprise.

 

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