- Le 13 mars 2024, le ministère de l’Économie a publié son baromètre industriel, dévoilant des résultats mitigés concernant la réindustrialisation de la France.
- Si la dynamique s’est ralentie en 2024, elle reste globalement positive, soulignant les défis persistants mais aussi les secteurs porteurs pour l’industrie française.
Pour la première fois depuis la mise en place de cet indicateur en 2022, la réindustrialisation française a enregistré un solde net négatif en 2024, avec 114 nouvelles usines ouvertes, mais 119 fermées, soit un solde de -5 usines.
Cependant, en prenant en compte les extensions et réductions significatives, le solde total reste positif à +89 sites industrielsouverts ou agrandis, bien qu’il ait diminué de moitié par rapport à 2023, avec une baisse de 53 %. Ces résultats témoignent d’un ralentissement dans le processus de réindustrialisation, qui était jusque-là sur une trajectoire plutôt favorable.
« La réindustrialisation ralentit, mais elle se poursuit », souligne le ministère de l’Économie dans son analyse de la situation.
Les secteurs moteurs en 2024
Malgré un ralentissement général, certains secteurs continuent de montrer une dynamique de croissance forte. L’industrie verte reste l’un des moteurs principaux de cette réindustrialisation, représentant à elle seule un tiers des ouvertures nettes en 2024.
Les technologies liées à l’énergie décarbonée, telles que les batteries, les panneaux photovoltaïques, les pompes à chaleur, l’éolien et l’hydrogène, dominent ces nouvelles implantations.
L’agroalimentaire et les biens de consommation, deux secteurs à forte valeur ajoutée, ont également enregistré des résultats positifs, avec respectivement 20 et 11 nouvelles ouvertures de sites.
« La réindustrialisation enclenchée depuis 2022 se poursuit et confirme une dynamique positive sur quasiment l’ensemble des territoires. Les industries vertes et l’agroalimentaire sont parmi les filières les plus en hausse et nous montrent la voie des secteurs qui feront l’industrie de demain. », a déclaré Marc Ferracci, ministre de l’Industrie.
Les secteurs en déclin
Si certains secteurs résistent et continuent de croître, d’autres connaissent des difficultés notables. L’industrie automobile, confrontée à des défis structurels majeurs, a enregistré une baisse continue de sites, avec 12 fermetures supplémentaires en 2024.
De même, les secteurs énergivores tels que la plasturgie (-2 usines), la mécanique (-2 usines), et le transport (-12 usines) souffrent, affectés par la hausse des coûts énergétiques et les transformations industrielles nécessaires pour rester compétitifs.
Les régions : disparités territoriales
En termes de répartition géographique, certaines régions se distinguent par leur dynamisme industriel. L’Auvergne-Rhône-Alpes (+32 sites) et la Nouvelle-Aquitaine (+24 sites) continuent de voir leur réindustrialisation progresser, suivies de près par l’Occitanie (+12 sites).
En outre, d’autres régions, comme le Grand Est (-3 sites) et les Hauts-de-France (-2 sites), souffrent davantage de fermetures et de réductions significatives, dans un contexte de transformation profonde de leur tissu industriel.
Les causes du ralentissement : une conjoncture incertaine
Le ralentissement de la réindustrialisation en France s’explique en grande partie par une conjoncture mondiale morose. La guerre en Ukraine, l’instabilité géopolitique et la lente reprise économique en Europe ont créé un climat d’incertitude qui freine les décisions d’investissement.
Le ministère de l’Économie souligne que ces facteurs rendent l’avenir difficile à prévoir, mais que la politique industrielle du gouvernement reste ferme et ambitieuse.
Des efforts nécessaires pour maintenir la compétitivité
Marc Ferracci a également insisté sur le besoin de renforcer la compétitivité de l’industrie française. « Il nous faut redoubler d’efforts pour accélérer le renforcement de notre politique industrielle et pour donner à nos industries tous les leviers pour gagner en compétitivité, créer des emplois et développer leur production. », a-t-il souligné.
Le gouvernement met donc l’accent sur le soutien aux secteurs en difficulté tout en continuant d’encourager les investissements dans les industries de demain, notamment celles liées à la transition énergétique et à la décarbonation de l’économie. « En s’appuyant sur les chiffres de 2024, nous devons ainsi faire preuve d’un optimisme pragmatique et ne rien lâcher ! », a conclu Marc Ferracci.
