Alors que les tensions avec Moscou restent vives, une trentaine de dirigeants européens ont sont réunis vers Paris pour discuter des mesures à adopter afin d’aider Kiev et envisager les prochaines étapes pour une paix durable
Jeudi, une trentaine de dirigeants européens se sont réunis à Paris aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky pour discuter de la situation en Ukraine et des prochaines étapes à prendre face à la Russie. Emmanuel Macron a affirmé avec force que l’Europe « continuera de soutenir l’Ukraine« , insistant sur la nécessité de garantir à Kiev la meilleure position possible pour négocier une paix durable.
Une Europe unie face à Moscou
Le sommet, qui a duré plus de trois heures, a réaffirmé la détermination des alliés européens à faire front commun. « Nous sommes très clairement à un point de bascule« , a déclaré Emmanuel Macron. « Notre objectif est clair : gagner la paix. »
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a mis en avant une « mobilisation inédite de l’Europe » et a salué une unité sans précédent : « Nous avons réuni 30 pays qui ont dit ouvertement ce matin qu’ils n’ont jamais vu l’Europe aussi forte depuis très longtemps. »
Maintien et renforcement des sanctions contre la Russie
Les dirigeants présents à Paris ont été unanimes : aucune levée des sanctions ne pourra être envisagée tant que la guerre se poursuit. « Nous avons tous acté que la levée des sanctions à l’égard de la Russie ne pourrait pas intervenir tant que la guerre dure et n’est pas achevée par une paix juste« , a affirmé Volodymyr Zelensky.
« Cela n’a aucun sens de mettre fin aux sanctions tant que la paix n’est pas réellement rétablie et nous en sommes malheureusement encore loin. Bien au contraire, ce dont nous avons discuté est de savoir comment nous pouvons accroître les sanctions. », a indiqué de son côté le chancelier allemand Olaf Scholz
Un soutien militaire européen renforcé
Emmanuel Macron et Keir Starmer ont annoncé qu’ils « piloteront ensemble » les efforts de la coalition des alliés de l’Ukraine. « Nous allons accélérer le décaissement des prêts décidés en G7 pour permettre à l’Ukraine de financer plus rapidement les achats en matière d’artillerie« , a indiqué le président français.
Une mission franco-britannique se rendra prochainement en Ukraine pour travailler de manière étroite avec Kiev sur le futur format de son armée. « En termes de taille, combien de soldats, avec quels équipements. Ceci permettra de travailler dans une planification pour donner de la visibilité à l’Ukraine et avoir un plan très précis« , a détaillé Emmanuel Macron.
Vers un déploiement de forces de réassurance ?
Par ailleurs, le sommet a abordé la question d’un éventuel déploiement de forces européennes en Ukraine, une possibilité que la France et quelques pays alliés n’excluent pas. « Ces forces de réassurance n’ont pas vocation à être des forces de maintien de la paix, ni des forces présentes sur la ligne de contact, ni des forces qui se substituent aux armées ukrainiennes« , a expliqué Macron. Leur objectif serait plutôt d’assurer une dissuasion contre toute nouvelle agression russe.
Emmanuel Macron a également évoqué la question d’un appui des États-Unis, soulignant qu’il « souhaite un soutien américain » à cette initiative européenne, tout en préparant l’éventualité d’une action indépendante de Washington.
De son côté, Giorgia Meloni, cheffe du gouvernement italien, a appelé à une plus grande implication des États-Unis dans le processus de paix. « Nous devons continuer à travailler avec les États-Unis pour arrêter le conflit (…) et j’espère voir une délégation américaine lors de la prochaine réunion de coordination« , a-t-elle indiqué.
