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ArcelorMittal France : un soutien public essentiel face à la crise sidérurgique

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  • Face à une crise sidérurgique sans précédent, ArcelorMittal France s’appuie sur un soutien public  pour maintenir son activité et engager sa transition écologique.
  • Lors d’une séance au Sénat, ses dirigeants ont détaillé les aides perçues en 2023 et souligné l’urgence d’une action plus rapide des institutions européennes.

Lors d’une séance de questions-réponses au Sénat le 27 mars, les dirigeants d’ArcelorMittal France ont exposé en détail les aides publiques perçues en 2023, mettant en lumière l’importance cruciale de ce soutien dans un contexte de crise profonde du secteur sidérurgique.

Près de 300 millions d’euros d’aides en 2023

En 2023, ArcelorMittal France a bénéficié de 298 millions d’euros d’aides publiques, répartis sous différentes formes. La principale enveloppe, 195 millions d’euros, provient des taux réduits appliqués aux factures d’énergie, en raison de la forte consommation du groupe. Ce soutien énergétique a été déterminant pour atténuer l’impact de la flambée des prix de l’énergie sur l’activité du sidérurgiste.

Par ailleurs, l’entreprise a profité de 41 millions d’euros d’allègements de cotisations sociales, un dispositif qui vise à soutenir l’emploi et la compétitivité des industries à forte intensité de main-d’œuvre. Le crédit impôt recherche, destiné à encourager l’innovation et le développement technologique, a représenté un soutien financier supplémentaire de 40 millions d’euros.

ArcelorMittal a également reçu 10 millions d’euros du Fonds européen de développement régional (FEDER), un programme destiné à favoriser le développement économique des territoires. À cela s’ajoutent 6 millions d’euros alloués au dispositif d’activité partielle de longue durée (APLD), permettant à l’entreprise d’adapter son activité face aux fluctuations du marché tout en préservant les emplois.

« Nous faisons face à une crise sans précédent. Le soutien de l’État est une bouée de sauvetage pour notre activité. », a indiqué Alain Le Grix de la Salle.

Un secteur en détresse

Ce dernier souligne la conjoncture difficile du secteur, marqué par une baisse de 25% de la demande en Europe en cinq ans et une hausse des coûts de l’énergie. En raison du contexte exceptionnel de la crise énergétique, l’État a également débloqué 22 millions d’euros d’aides d’urgence en faveur du groupe, un soutien exceptionnel destiné à éviter des ruptures dans l’approvisionnement et la production.

La décarbonation, un enjeu majeur

La décarbonation de l’industrie sidérurgique constitue un défi majeur pour ArcelorMittal France. L’Ademe s’est engagée à apporter une aide de 850 millions d’euros pour le projet de décarbonation du site de Dunkerque, évalué à 1,8 milliard d’euros. Toutefois, les fonds n’ont pas encore été versés et le projet reste en suspens.

« Sans aide, elle serait très difficile. Le prix de vente de l’acier décarboné ou non est quasiment le même et un client aujourd’hui n’accepte pas de payer plus pour avoir une tonne d’acier décarbonée. Il est très difficile d’avoir un modèle économique qui tienne la route sans aucune aide« , a expliqué le président du groupe.

Le groupe attend des mesures concrètes de la Commission européenne, notamment sur le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et les restrictions sur les importations d’acier hors UE. « Le projet a été différé, tout comme tous nos projets en Europe« , a regretté Alain Le Grix de la Salle, appelant à une prise de décision plus rapide.

« Nous avons un souci de vitesse. Quand on se compare à d’autres pays comme les États-Unis, en Europe, il faut des mois, quand il y a urgence ! », a précisé Alain Le Grix de la Salle

Malgré un effectif stable de 15 400 salariés depuis 2019, l’entreprise a annoncé 150 suppressions de postes sur les sites de Reims et Denain, tout en précisant avoir 300 postes ouverts en France. Le groupe a défendu ces restructurations en expliquant vouloir optimiser sa performance dans un marché en crise, notamment par le transfert de certaines activités de support en Inde.

Le président a tenu à rappeler l’engagement du groupe en France : « Nous sommes attachés à la France, qui concentre 25 % de nos effectifs et de nos investissements en Europe. »

Dans un contexte de crise du secteur sidérurgique, ArcelorMittal France dépend fortement des aides publiques pour poursuivre ses activités et financer sa transition écologique. Si le groupe se montre confiant quant aux prochaines décisions européennes, il réclame une réaction plus rapide des institutions pour garantir son avenir industriel.

 

 

 

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