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vendredi, mars 20, 2026
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Christine Lagarde : « L’Europe doit prendre son destin en main »

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  • Face aux tensions commerciales et aux incertitudes économiques, l’Europe est à un tournant décisif.
  • Christine Lagarde, présidente de la BCE, exhorte les États membres à renforcer leur autonomie et à repenser leur stratégie économique.

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a lancé un appel à l’indépendance européenne face aux bouleversements économiques et géopolitiques mondiaux. Invitée sur France Inter ce lundi 31 mars, elle a réagi à l’augmentation des droits de douane imposée par Donald Trump, estimant que cette situation « est le début d’une marche vers l’indépendance ».

Un tournant pour l’Europe

« Nous sommes dans un moment existentiel pour l’Europe », a déclaré Christine Lagarde, appelant les pays européens à « prendre mieux notre destin en main ». Elle souligne que l’Union européenne doit renforcer son autonomie dans des secteurs stratégiques tels que la défense, l’énergie, la finance et le numérique.

« Nous devons prendre les rênes en main, maintenant », a affirmé Christine Lagarde

Alors que la zone euro pourrait voir sa croissance chuter de -0,3% à cause des tensions commerciales, et de -0,5% si l’Europe applique une politique de réciprocité, elle met en garde contre les conséquences d’une escalade des mesures protectionnistes : « Toute guerre commerciale fait des perdants. Personne ne gagne. »

Inflation : un combat quotidien

Christine Lagarde a également abordé la question de l’inflation, la qualifiant de « combat de tous les jours ». Avec une prévision de 2,3% cette année en Europe, elle estime que « on est presque dans tous les clous, mais il faut y rester ». Elle insiste sur la nécessité d’atteindre l’objectif de 2% : « Notre impératif absolu est de maintenir la stabilité des prix. »

Toutefois, elle met en garde contre les prématurités : « Dire que c’est terminé, c’est derrière nous, non, car malheureusement, nous sommes soumis à des tas d’incertitudes. ». Elle préconise une approche mesurée : « Certains veulent galoper, aller très vite ». D’autres se disent « allons à petit trot, voyons quels sont les obstacles sur la route« .

 Réorienter l’épargne européenne

Un autre sujet de préoccupation pour la présidente de la BCE est la manière dont l’épargne des Européens est utilisée. « Aujourd’hui, les Européens économisent considérablement plus que les Américains. Cette épargne va pour l’essentiel sur des comptes de dépôt, qui ne rapportent pas beaucoup, et cet argent est placé largement en bons du Trésor américain. Donc notre épargne européenne finance l’économie américaine », a-t-elle expliqué. Elle invite donc à une réflexion sur l’orientation de ces fonds vers des investissements en Europe.

Dans le cadre de cette stratégie, elle propose que « des produits d’épargne soient conçus pour financer des dépenses en matière de défense », estimant que « la sécurité n’est jamais risquée, c’est un impératif ».

Déficit public : la priorité aux finances publiques

Enfin, interrogée sur la situation budgétaire française, Christine Lagarde a rappelé qu’il est « impératif de rétablir la stabilité des finances publiques et d’avoir une dette soutenable sur le moyen et long termes ». Pour financer de nouveaux efforts, notamment en matière de défense, elle préconise une « reprioritisation des dépenses publiques ». « Si on veut financer un effort de défense, il faut impérativement reprioritiser. Des dépenses devront être réduites. », a-t-elle ajouté

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