- Ce dimanche, la place de la République à Paris est devenue le théâtre d’une mobilisation d’une partie de la gauche contre l’extrême droite.
- Élus, militants et citoyens se sont réunis pour dénoncer les dérives du Rassemblement National et défendre les fondements de l’État de droit.
Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés ce week-end au pied de la statue de Marianne pour dénoncer la montée de l’extrême droite en France. À l’appel des Écologistes et de La France insoumise (LFI), ce rassemblement citoyen visait à alerter sur les dérives autoritaires du Rassemblement National (RN) et à défendre l’État de droit.
Une mobilisation contre l’extrême droite
Portant des pancartes aux slogans incisifs tels que « Rage against the Marine « , « Transphobes, ça dégage » ou encore « Ne laissons pas l’extrême droite faire sa loi « , les manifestants ont exprimé leur rejet des valeurs portées par Marine Le Pen et son parti.
Sur la scène dressée pour l’occasion, la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a pris la parole pour dénoncer l’« hypocrisie » du RN face à la justice.
« Ils changent la loi quand elle s’applique à eux. Ils prônent la tolérance zéro pour les autres, mais crient à l’injustice dès qu’ils sont concernés « , a déclaréMarine Tondelier.
Cette réaction fait suite à une proposition de loi portée par Éric Ciotti visant à supprimer l’exécution provisoire des peines d’inéligibilité, dans un contexte de pressions judiciaires croissantes sur le RN.

Un système judiciaire à deux vitesses ?
Pour Marine Tondelier, la stratégie de Marine Le Pen est claire : réclamer une justice implacable pour les autres, mais réclamer l’indulgence pour son propre camp.
« Ce qu’on appelle de l’hypocrisie, c’est vouloir incarcérer dès la première infraction pour tous, sauf pour ses proches. Le RN défend un système judiciaire à deux vitesses « , a-t-elle martelé.
La conseillère régionale des Hauts-de-France a également mis en garde contre les ambitions présidentielles de Marine Le Pen, qu’elle juge « dangereuses pour les institutions démocratiques « .
Une gauche divisée mais mobilisée
Si l’union de la gauche semblait se renforcer avec cet événement, le Parti socialiste (PS) a choisi de ne pas y participer. Officiellement, le PS souhaite éviter de politiser une affaire judiciaire. Une décision que Marine Tondelier juge incompréhensible :
« Ils ont le droit de ne pas être là, mais leurs arguments sont bizarres. On doit être là, d’un seul homme, d’une seule femme, dès que la République est attaquée « , a-t-elle estimé.

Malgré cette absence, d’autres figures de la gauche étaient bien présentes. Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI, a rappelé que l’affaire des emplois fictifs au Parlement européen – une affaire dans laquelle le RN est impliqué – a permis à Marine Le Pen et ses proches de détourner des fonds publics pour asseoir leur pouvoir.
Première riposte d’une série ?
Pour Manuel Bompard, coordinateur de LFI, cette mobilisation est la première étape d’une contre-offensive face à l’extrême droite. « Le RN s’attaque à la démocratie et à l’État de droit. Il fallait une riposte claire. « , a-t-il indiqué.
Même tonalité chez le député Alexis Corbière, qui insiste sur le fait que Marine Le Pen n’est pas une victime, mais bien une coupable : « Détourner 4,1 millions d’euros, ce n’est pas un désaccord administratif. C’est un enrichissement personnel aux frais du contribuable. «
« Contre l’extrême droite, la riposte populaire s’organise. Le 1er mai sera une marée humaine ! « , affirme de son côté Mathilde Panot sur X. Une déclaration laisse qui laisse présager une amplification du mouvement dans les semaines à venir.
