Alors que les ménages tunisiens font face à une pression constante sur leur pouvoir d’achat, les derniers chiffres de l’INS révèlent une inflation toujours soutenue, dopée par la flambée des prix alimentaires.
Le taux d’inflation en Tunisie a connu une légère progression au mois de mars, atteignant 5,9 %, contre 5,7 % en février, selon les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS). Cette évolution, bien que modérée et en deçà de certaines prévisions, s’inscrit dans un contexte de consommation soutenue pendant le mois de Ramadan.
Période traditionnellement marquée par une hausse de la demande, notamment dans les secteurs de l’alimentation et de l’habillement, le mois de mars a vu les prix s’envoler dans plusieurs catégories de produits, accentuant ainsi la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.
Les denrées alimentaires en première ligne
Les prix des produits alimentaires ont enregistré une hausse de 7,8 % sur un an, une accélération notable par rapport au mois précédent (+7 %). Cette dynamique s’explique principalement par la flambée des prix de certains produits de base.
Parmi les plus fortes hausses, on relève : la viande d’agneau, dont les prix ont grimpé de 21,9 %, les légumes frais (+20 %), les fruits frais (+15 %), le poisson frais (+14,1 %) et la volaille (+13,9 %)
Concernant les huiles alimentaires, elles se distinguent par une baisse significative de 19,9 % sur un an, offrant un rare point de répit aux consommateurs.
Sur le plan mensuel, les prix alimentaires ont augmenté de 2 %, tirés notamment par les légumes (+4,9 %), les fruits (+4,5 %) et l’agneau (+4,3 %). Les huiles continuent de baisser, avec un recul de 3,2 %.

L’habillement suit la tendance haussière
Le secteur de l’habillement a également contribué à la hausse générale des prix. Sur un an, les prix ont augmenté de 11,7 %. Cette hausse s’explique par la fin des soldes d’hiver et les achats anticipés liés à la fête de l’Aïd. Sur un mois, les vêtements et chaussures affichent chacun une hausse de 3 %.
Les services et produits manufacturés sous tension
Au-delà de l’alimentaire et de l’habillement, d’autres postes de consommation ont également pesé sur l’inflation. Les produits manufacturés ont enregistré une hausse annuelle de 5,6 %, portée par les produits d’entretien ménager (+4,7 %). Dans le secteur des services, les prix ont progressé de 4,7 %, avec une augmentation marquée dans la restauration, les cafés et les hôtels (+11,3 %).
Forte pression sur les produits non régulés
L’inflation sous-jacente, qui exclut les produits alimentaires et énergétiques, reste stable à 5,7 %. Néanmoins, les produits dits « libres », c’est-à-dire non soumis à une régulation des prix, affichent une hausse annuelle de 7,2 %, contre seulement 1,6 % pour les produits encadrés. Dans le secteur alimentaire, les produits libres ont bondi de 8,7 %, alors que ceux à prix administrés n’ont progressé que de 1,1 %.
Principaux contributeurs à l’inflation
D’après l’INS, les produits alimentaires frais et les produits manufacturés figurent parmi les principaux contributeurs à l’inflation du mois de mars, représentant respectivement 2,3 % et 2,2 % de l’augmentation globale. Par régime de prix, les produits libres, en particulier les denrées alimentaires, sont responsables à eux seuls de 3,4 points de pourcentage de l’inflation totale.
