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Droits de douane : Éric Lombard appelle les patrons à « faire preuve de patriotisme »

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Face aux menaces de délocalisation de plusieurs grandes entreprises françaises, le ministre de l’Économie Éric Lombard en appelle à la responsabilité collective.

Alors que l’Union européenne est en pleine négociation commerciale avec les États-Unis, le ministre de l’Économie Éric Lombard a lancé ce week-end un appel au patriotisme économique des grands patrons français. « J’en appelle au patriotisme des chefs d’entreprises », a déclaré le ministre dans La Tribune Dimanche, alors que plusieurs figures du CAC 40 menacent de relocaliser une partie de leurs activités outre-Atlantique.

Une mise en garde à peine voilée, adressée notamment à Bernard Arnault et Patrick Pouyanné, patrons respectifs de LVMH et TotalEnergies, qui ont tous deux critiqué la régulation européenne ces derniers jours.

Jeudi dernier, Bernard Arnault s’en est directement pris aux institutions européennes, accusant les « bureaucrates » de Bruxelles de freiner la compétitivité des entreprises. Le PDG de LVMH a appelé l’Union européenne à « négocier intelligemment avec Washington » et n’a pas exclu une augmentation de sa production aux États-Unis si les discussions sur les droits de douane échouaient.

« Si on se retrouve avec des droits de douane élevés, (…) on sera amené à augmenter nos productions américaines, forcément, pour éviter les droits de douane. Ce sera la faute de Bruxelles si cela devait arriver », a-t-il affirmé.

Une déclaration qui fait bondir Éric Lombard. Le ministre rappelle que ces droits de douane ont été décidés unilatéralement par les États-Unis, sous l’administration Trump, et non par l’Union européenne. Et de prévenir : « Peut-être que telle ou telle entreprise en tirerait profit à titre individuel – ce dont je doute. Mais toute l’Europe serait perdante. Et son tissu économique aussi. »

Pouyanné sur la même ligne, les labos pharmaceutiques aussi

Le patron de TotalEnergies s’est lui aussi montré critique à l’égard de la réglementation européenne. Patrick Pouyanné a salué la promesse de Donald Trump de déréguler le secteur de l’énergie, laissant entendre qu’un retour du milliardaire républicain à la Maison-Blanche pourrait ouvrir des perspectives plus favorables aux grands groupes industriels.

Dans le secteur pharmaceutique, la tension est également palpable. Trente-deux dirigeants de laboratoires, dont le Français Sanofi, ont récemment menacé de quitter l’Union européenne si la Commission ne revoit pas à la baisse ses exigences, notamment sur les prix des médicaments.

Un modèle européen « stable et démocratique »

Face à ce vent de fronde, Éric Lombard défend le modèle européen. Il rappelle que sous les mandats d’Emmanuel Macron, de nombreuses mesures favorables aux entreprises ont été adoptées : baisse de l’impôt sur les sociétés, instauration d’une flat tax, limitation de la surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises. « On peut difficilement considérer que la France ou l’Europe soient hostiles aux entreprises », insiste-t-il.

Le ministre vante également la « stabilité » du cadre européen, qu’il qualifie de « modèle démocratique ». Et appelle les dirigeants d’entreprise à ne pas céder à la tentation d’un profit immédiat au détriment de la solidarité économique continentale. « Si cette bataille commerciale était perdue, peut-être que telle ou telle entreprise en tirerait profit. Mais toute l’Europe serait perdante. Et son tissu économique aussi », martèle-t-il.

Dans un contexte de tensions géopolitiques et de compétition mondiale exacerbée, le gouvernement appelle donc à l’unité entre acteurs publics et privés. « Il faut que les entreprises travaillent avec les États pour que cette bataille soit gagnée », insiste Éric Lombard.

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