- Le taux de chômage en France a progressé de 0,1 point au premier trimestre 2025, atteignant 7,4 % de la population active, selon les chiffres publiés ce vendredi par l’Insee.
- Une hausse modérée, dans un contexte économique incertain, contrebalancée par un taux d’emploi quasi stable.
Le ralentissement économique pèse sur le marché du travail. D’après les données dévoilées ce vendredi 16 mai par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de chômage en France s’est établi à 7,4 % au premier trimestre 2025, en hausse de 0,1 point par rapport au dernier trimestre 2024.
2,4 millions de personnes sont désormais recensées comme étant au chômage selon les critères du Bureau international du Travail (BIT) – autrement dit, sans emploi, disponibles et en recherche active. Sur un an, ce taux reste toutefois en baisse de 0,1 point, signe d’une certaine stabilité du marché de l’emploi.
Une hausse contenue, une tendance globalement stable
Ce chiffre reste inférieur au pic de 10,5 % atteint en 2015, et à peine au-dessus du plus bas niveau enregistré entre fin 2022 et début 2023 (7,1 %). Pour Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail, il faut y voir un signal encourageant : « On peut se réjouir de la relative stabilité du taux de chômage, dans un contexte pourtant incertain. »
En effet, si les intentions d’embauche ralentissent légèrement par rapport à l’an dernier, la dynamique globale de l’emploi demeure « assez forte », selon lui.
Des disparités marquées selon les profils
Le marché du travail reste inégalement favorable selon l’âge et le genre. Chez les jeunes de 15 à 24 ans, le taux de chômage reste particulièrement élevé. Il s’établit à 19,2 %, soit une hausse de 0,1 point sur le trimestre et de 1,1 point sur un an. Cette catégorie, historiquement plus vulnérable aux fluctuations économiques, peine à profiter pleinement de la dynamique globale de l’emploi.
Chez les actifs de 25 à 49 ans, le chômage progresse légèrement de 0,1 point sur le trimestre, mais recule de 0,1 point sur un an pour atteindre 6,7 %. Ce groupe, qui représente le cœur de la population active, conserve un niveau de chômage relativement stable, reflet d’un marché qui reste solide pour les travailleurs en milieu de carrière.
Du côté des seniors, âgés de 50 ans et plus, la situation continue de s’améliorer. Le taux de chômage est resté stable au premier trimestre, à 4,7 %, mais affiche une baisse significative de 0,3 point sur un an. Cette évolution positive s’inscrit dans une tendance plus large d’allongement des carrières et de meilleure intégration des travailleurs âgés, notamment grâce à des politiques incitatives et à l’essor de secteurs en demande de main-d’œuvre expérimentée.
Une performance saluée par la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, qui insiste sur l’ampleur des efforts à poursuivre : « On atteint un niveau historique, notamment chez les seniors. Mais il faut aller plus loin. »
Enfin, l’écart entre les sexes tend à se résorber. Le taux de chômage des femmes a augmenté de 0,3 point pour atteindre 7,4 %, rejoignant ainsi celui des hommes, en baisse de 0,1 point. Ce croisement des courbes marque une forme d’égalité statistique, mais pose aussi la question d’un ralentissement plus marqué chez les femmes, dans un contexte où les inégalités persistantes sur le marché du travail – notamment en termes de précarité et de temps partiel – restent d’actualité.
L’ambition du gouvernement reste d’atteindre le plein-emploi d’ici 2025, soit un taux de chômage autour de 5 %. Pour cela, l’exécutif mise sur la poursuite des réformes du RSA, de la formation professionnelle et de l’accompagnement à la reconversion.
Un horizon incertain, mais porteur
Malgré des incertitudes économiques, amplifiées par le dossier ArcelorMittal et les tensions géopolitiques, les autorités veulent croire à une dynamique positive. « Il y a encore des projets industriels, des besoins importants dans de nombreux secteurs », assure Thibaut Guilluy.
L’ambition du gouvernement reste d’atteindre le plein-emploi d’ici 2025, soit un taux de chômage autour de 5 %. Pour cela, l’exécutif mise sur la poursuite des réformes du RSA, de la formation professionnelle et de l’accompagnement à la reconversion.
La France n’est donc pas « condamnée à voir le chômage remonter », mais le chemin vers le plein-emploi reste semé d’embûches. Le cap, lui, reste fixé.
