- Face à la grogne des taxis mobilisés depuis plus d’une semaine, le ministère des Transports promet des contrôles intensifiés contre les VTC pratiquant la maraude illégale et le racolage, en particulier autour des gares et des aéroports.
- Le gouvernement veut également clarifier la réglementation, instaurer un agrément pour les plateformes et réformer le transport sanitaire, dont la nouvelle tarification doit entrer en vigueur le 1er octobre.
Après plus d’une semaine de mobilisation des taxis, le ministère des Transports a annoncé mardi un renforcement des contrôles à l’encontre des VTC, accusés de maraude illégale et de « racolage ».
« Le dialogue a été très direct », a déclaré Philippe Tabarot, ministre des Transports, à l’issue d’une réunion avec les représentants des taxis. « On va rappeler les règles et taper fort au niveau des contrôles », a-t-il promis.
Des contrôles plus stricts et des sanctions renforcées
Pour contrer les pratiques illégales des VTC autour des gares et des aéroports, le ministère a précisé que des amendes forfaitaires plus dissuasives et immédiates seront étendues à l’ensemble du territoire dans les trois prochains mois.
Ces mesures seront accompagnées de contrôles intensifs, menés « via des opérations ciblées dès cette semaine », en collaboration avec les ministères de l’Économie, du Travail et de l’Intérieur.
« C’est la première fois qu’on a un ministre qui est prêt à s’engager pour véritablement distinguer les deux activités, taxi et VTC », s’est félicité Rachid Boudjema, président de l’Union nationale des taxis (UNT), à sa sortie de la réunion.
« On a des engagements forts de la part du ministre des Transports, notamment sur les points qui sont très bloquants depuis dix ans », a-t-il ajouté à l’AFP.
Révision des règles et agrément pour les plateformes
Le gouvernement souhaite également travailler sur une durée minimale de réservation préalable pour les VTC et clarifier la définition de la voie publique, réservée aux taxis. Une obligation d’agrément pour les plateformes VTC comme Uber et Bolt est envisagée, avec retrait possible en cas de manquements fréquents à la réglementation.
Par ailleurs, le ministère prévoit de revoir la voie d’accès par équivalence, qui permettait à des chauffeurs expérimentés dans le transport de personnes de devenir VTC. Le gouvernement souhaite également lutter contre les sociétés de rattachement, souvent basées à l’étranger, accusées de permettre à certaines entreprises de contourner les obligations fiscales et sociales.
« Je vais clairement leur demander des explications » sur ce système, a averti Philippe Tabarot. L’objectif est que « les plateformes ne puissent pas s’exonérer de certaines règles ».
Un contexte marqué par la réforme du transport sanitaire
Ces annonces interviennent alors que les taxis attendent une nouvelle réunion prévue mardi soir au ministère de la Santé sur la réforme du transport sanitaire, sujet explosif pour la profession. Le gouvernement souhaite réformer la rémunération de cette activité et réaliser 300 millions d’euros d’économies en trois ans.
Mardi matin, sur RMC/BFM TV, François Bayrou a assuré que la réforme serait bien appliquée dès le 1er octobre. « Je pense qu’on peut faire plus d’économies que ce qui avait été prévu. Mais on va définir ces économies avec eux (les taxis) », a-t-il concédé.
La nouvelle tarification prévoit une prise en charge forfaitaire de 13 euros par l’Assurance Maladie, puis un tarif kilométrique, avec un système conçu pour limiter les trajets à vide ou les temps d’attente trop longs.
En 2024, les dépenses de transport sanitaire ont atteint 6,74 milliards d’euros, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés, soit une hausse de 45 % depuis 2019.
