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vendredi, mars 20, 2026
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Famine de masse à Gaza : les ONG décrivent une tragédie humanitaire sans précédent

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  • Alors que Gaza s’enfonce dans le chaos, plus d’une centaine d’ONG tirent la sonnette d’alarme : une famine de masse s’installe, causée par un blocus israélien implacable et des attaques répétées sur les points de distribution d’aide.
  • Plus de 1.000 civils ont été tués en tentant de se nourrir. Les humanitaires, eux aussi, sont à bout de forces.
  • Face à cette catastrophe sans précédent, la communauté internationale reste, pour l’heure, largement impuissante.

   Une famine de masse se propage dans la bande de Gaza, ravagée par plus de 21 mois de guerre. C’est l’alerte lancée par plus d’une centaine d’organisations humanitaires, qui dénoncent une situation d’urgence extrême et appellent à un cessez-le-feu immédiat ainsi qu’à un accès sans entrave à l’aide humanitaire.

Par centaines, les ONG dressent le même constat glaçant : Gaza meurt de faim. Dans un communiqué commun publié mercredi, plus de 100 organisations, dont Médecins sans frontières, Médecins du monde, Oxfam, Caritas ou Amnesty International, dénoncent l’effondrement total des conditions de vie dans l’enclave palestinienne.

 « Nos collègues et les personnes que nous aidons dépérissent », alerte le texte. « La situation est terrifiante. Deux millions de personnes sont à l’agonie, faute de nourriture, d’eau, de soins. »

Une famine orchestrée par le blocus

 La crise humanitaire, estiment les ONG, est le résultat direct du blocus total imposé par Israël en mars 2025, après l’offensive du Hamas en octobre 2023. Bien que partiellement assoupli fin mai, ce blocus a provoqué des pénuries dramatiques de vivres, de médicaments, de carburant, et même d’eau potable.

« On est logiquement dans la conséquence d’un blocus assumé, un siège, avec des mortalités d’enfants hallucinantes et une famine qui se répand à grande vitesse », affirme Jean-François Corty, président de Médecins du monde, sur franceinfo.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), plus de 1.000 personnes ont été tuées à Gaza depuis fin mai alors qu’elles tentaient simplement d’accéder à de l’aide humanitaire. Le HCDH précise que 766 d’entre elles ont péri à proximité des sites de la GHF (Global Humanitarian Foundation), soutenue par les États-Unis et Israël, et 288 autres près des convois de l’ONU ou d’ONG.

 « Ces personnes ont été tuées par l’armée israélienne », indique explicitement le communiqué de l’agence onusienne.

Une famine « à toutes les portes »

De son côté, le secrétaire général Antonio Guterres s’est dit consterné lors d’une réunion du Conseil de sécurité : « Il suffit de regarder l’horreur qui se déroule à Gaza. La malnutrition explose. La famine frappe à toutes les portes. »

 Du côté des humanitaires, la détresse est tout aussi palpable. Non seulement les civils s’éteignent lentement, mais les acteurs de terrain – médecins, logisticiens, volontaires – meurent eux aussi de faim et de soif. Selon les ONG, près de 400 humanitaires ont été tués depuis le début de la guerre, un chiffre qualifié d’« inédit » dans un conflit moderne.

 « Ces acteurs-là, qui amènent une once d’humanité dans cette horreur, sont à l’agonie », insiste Jean-François Corty. « C’est absolument terrifiant. »

L’aide humanitaire toujours entravée

 Depuis le début de la guerre, les rares convois autorisés à entrer à Gaza sont insuffisants. La distribution, souvent chaotique, se transforme en piège mortel.

 « L’armée israélienne doit cesser de tuer des civils palestiniens qui se rassemblent aux points de distribution », mentionne Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, sur X, après un entretien avec le ministre israélien des Affaires étrangères.

À Istanbul, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé une tragédie intolérable. « Personne doté d’un minimum de dignité humaine ne peut accepter cette cruauté, dans laquelle des dizaines de personnes innocentes meurent chaque jour parce qu’elles ne trouvent pas un morceau de pain ou une gorgée d’eau», a -t-il affirmé

Les promesses internationales jugées insuffisantes

Washington a annoncé l’envoi de l’émissaire Steve Witkoff en Europe pour discuter d’un cessez-le-feu et d’un éventuel “corridor humanitaire” vers Gaza. Mais sur le terrain, ces initiatives peinent à convaincre.

 « Les Américains parlent de corridors depuis des mois. En mars, ils évoquaient un couloir maritime depuis Chypre. Ce fut un fiasco total », critique Jean-François Corty. Ce dernier martèle que seule une ouverture massive de tous les points de passage pourrait inverser la situation.

« Il faut inonder Gaza d’aide. C’est la seule manière d’éviter une surmortalité encore plus importante », affirme-t-il.

 Une crise humanitaire sans précédent

 La bande de Gaza est aujourd’hui confrontée à l’une des pires crises humanitaires de ce siècle, dénoncent les ONG. Une famine délibérément provoquée, une aide entravée, des civils pris pour cible : les témoignages et les bilans convergent vers le même constat – une tragédie humaine qui ne peut plus attendre.

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