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vendredi, mars 20, 2026
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Accord commercial UE–États-Unis : Bruxelles prête à accepter 15 % de droits de douane pour éviter une escalade ?

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  • Alors que la menace d’une guerre commerciale s’intensifie, l’Union européenne serait sur le point de céder à la pression américaine.
  • Bruxelles envisagerait d’accepter un accord instaurant 15 % de droits de douane sur ses exportations vers les États-Unis.
  • Une décision lourde de conséquences pour l’industrie européenne, mais jugée préférable à une surtaxe de 30 % redoutée dès le 1er août

    Les négociations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis semblent aboutir à un tournant décisif. Selon des révélations du Financial Times, confirmées à Reuters, les deux puissances économiques seraient proches d’un accord imposant des droits de douane uniformes de 15 % sur les produits européens exportés vers les États-Unis.

Initialement opposés à cette mesure, les Européens auraient fini par céder face à la menace d’un relèvement des droits à 30 % dès le 1er août, selon trois personnes proches du dossier.

L’éventualité d’un accord a été publiquement évoquée mercredi soir par le chancelier allemand Friedrich Merz, à l’occasion d’un dîner de travail à Berlin avec Emmanuel Macron. À propos des négociations en cours, il a déclaré :« Nous apprenons en ce moment même que des décisions pourraient être prises. »

Le président français a, de son côté, insisté sur la coordination étroite entre les capitales européennes face à l’offensive tarifaire menée par Washington.

« Nous avons été en contact permanent (…) avec nos autres collègues européens et avec la présidente de la Commission européenne pour suivre, impulser, coordonner notre réponse aujourd’hui à l’offensive tarifaire qui a été lancée », a souligné Emmanuel Macron lors de la conférence de presse conjointe.

Un compromis à défaut d’un meilleur accord

L’accord, qui viserait à éviter une hausse tarifaire massive, alignerait le traitement des exportations européennes sur celui déjà appliqué au Japon. Pour certains produits sensibles, comme les avions, les spiritueux et les dispositifs médicaux, les droits de douane seraient levés. Sur le secteur automobile, un domaine stratégique pour l’industrie européenne, le tarif serait réduit de 27,5 % à 15 %.

Ce compromis reste cependant moins favorable que l’accord conclu avec le Royaume-Uni, qui bénéficie de droits abaissés à 10 %sur les voitures (dans la limite de 100 000 unités par an) et d’exonérations spécifiques sur les produits aérospatiaux, comme les moteurs Rolls Royce.

Une UE sur la défensive

Pour autant, Bruxelles ne renonce pas à une stratégie de défense commerciale. Deux sources diplomatiques ont confirmé à Euronews que la Commission européenne a informé les États membres de l’avancement des négociations, tout en les préparant à activer un instrument anticoercitif en cas d’échec.

Cet outil permettrait à l’UE de restreindre l’accès aux marchés publics, aux licences ou encore aux droits de propriété intellectuelle pour des pays jugés hostiles. Selon une source européenne, une majorité qualifiée pourrait se dégager en faveur de l’utilisation de cet instrument, qualifié d’ »option nucléaire« .

En parallèle, Bruxelles planche sur une fusion des deux listes de contre-mesures commerciales, pour cibler un total de 93 milliards d’euros de produits américains. Le porte-parole de la Commission, Olof Gill, a précisé mercredi :

« Bien que notre priorité soit les négociations, nous continuons parallèlement à nous préparer à toutes les éventualités, y compris à des contre-mesures supplémentaires. »

Et d’ajouter : « Pour que nos contre-mesures soient plus claires, il faut qu’elles soient plus efficaces, plus simples et plus fortes. Nous fusionnerons les listes 1 et 2 en une seule liste et la soumettrons à l’approbation des États membres. »

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