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Plan Bayrou : les syndicats s’unissent contre la suppression de jours fériés et lancent une pétition nationale

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  • Huit syndicats, dont la CFDT, la CGT et la CFTC, s’opposent frontalement au plan d’austérité présenté par François Bayrou.
  • Ils dénoncent la suppression de deux jours fériés, un recul social majeur, et appellent à signer une pétition nationale pour bloquer ces mesures.
  • Une rentrée sociale agitée se profile.

   La contestation monte face au plan de redressement des finances publiques présenté par François Bayrou. Ce mardi 22 juillet, huit syndicats – CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires – ont lancé une pétition commune pour exiger le retrait immédiat des mesures budgétaires annoncées par le Premier ministre.

Parmi les propositions les plus controversées : la suppression de deux jours fériés, dont le lundi de Pâques et le 8 mai ont été cités comme exemples. Objectif affiché par le gouvernement : 43,8 milliards d’euros d’économies.

Une pétition déjà largement signée

La pétition, mise en ligne sur Change.org dans l’après-midi du 22 juillet, avait déjà rassemblé près de 1 200 signatures en quelques heures. Deux jours plus tard, le compteur franchissait les 160 000 signataires.

Un chiffre qui pourrait bien représenter le point de départ d’une mobilisation nationale, selon Cyril Chabanier, président de la CFTC :

« On va voir les évolutions et voir si cette pétition a un grand succès. Elle démarre bien. […] Mais si ce budget n’évolue pas, s’il n’y a pas l’abandon de certaines mesures et une contribution plus juste, il y aura l’intersyndicale le 1er septembre et une probabilité forte qu’il y ait une mobilisation en septembre », prévient-il sur TF1.

Un rejet en bloc du « musée des horreurs »

Dans un communiqué commun, les huit syndicats fustigent un ensemble de mesures qu’ils qualifient d’« particulièrement agressives ». Selon eux, « le gouvernement a choisi de faire payer les travailleuses et les travailleurs, les précaires, les retraités, les malades ».

Parmi les dispositions dénoncées figurent le gel des prestations sociales et des salaires dans la fonction publique, une nouvelle réforme de l’assurance chômage, la désindexation des pensions de retraite ainsi que le doublement des franchises médicales. Pour les syndicats, ces choix traduisent un recul social inacceptable.

La remise en cause de la 5e semaine de congés payés`

Autant de mesures que la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a qualifiées de « musée des horreurs ». Les syndicats appellent à « refuser ce musée des horreurs, à défendre ensemble notre modèle social et la dignité au travail. Ce que nous attendons, c’est un projet respectueux pour le pays, porteur d’espoir et de justice », concluent-ils.

Une critique de la stratégie budgétaire

Lors de la présentation du plan, François Bayrou avait défendu sa ligne : « Il faut travailler plus, il faut que toute la Nation travaille plus pour produire et pour que la situation de la France s’améliore », a déclaré le Premier ministre.

Mais pour les syndicats, il n’est « pas question que ce soient encore les travailleuses et travailleurs, les demandeurs d’emploi, les jeunes et les retraités qui payent la facture, à la fois financièrement, mais aussi dans une flexibilité encore intensifiée ».

Fiscalité et aides publiques : le nerf de la guerre

 Les organisations syndicales plaident pour une autre approche, mettant en avant les 211 milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises, souvent sans conditionnalité :

« Il faut intégrer les plus hauts revenus comme la contribution des entreprises (…) Il y a un besoin de justice fiscale concernant les hauts revenus qui échappent à toute contribution réelle », estiment-ils

Cyril Chabanier s’est également opposé à la monétisation de la 5e semaine de congés payés, y voyant un piège : « Ça encourage les non-augmentations de salaires. On est en train de dire aujourd’hui aux salariés : “Si vous voulez augmenter votre pouvoir d’achat, vous l’autofinancez en vendant vos congés.” C’est quand même incroyable en termes de pouvoir d’achat », s’indigne-t-il.

 Une rentrée sociale sous tension ?

 Alors que le gouvernement campe sur ses positions, les syndicats ne décolèrent pas. Le 1er septembre, une réunion intersyndicale est prévue. Si les discussions avec l’exécutif n’aboutissent pas, une mobilisation d’ampleur pourrait suivre dès la rentrée.

 

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