- La Tunisie enregistre un déficit commercial record de 11,9 milliards de dinars sur les sept premiers mois de 2025.
- Entre repli des exportations et hausse des importations, l’économie subit la pression d’une facture énergétique toujours lourde et d’un ralentissement dans plusieurs secteurs clés.
Le commerce extérieur tunisien connaît un net creusement de son déficit au terme des sept premiers mois de l’année. Selon les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS), les exportations reculent légèrement tandis que les importations progressent, accentuant le déséquilibre de la balance commerciale.
Exportations en repli, importations en hausse
Entre janvier et juillet 2025, les exportations tunisiennes se sont établies à 36,97 milliards de dinars, contre 37,03 milliards à la même période en 2024, soit une baisse de 0,2 %. Dans le même temps, les importations ont augmenté de 4,7 %, passant de 46,66 milliards à 48,87 milliards de dinars.
Ce double mouvement s’est traduit par un déficit commercial qui atteint 11,90 milliards de dinars, contre 9,63 milliards un an plus tôt. Le taux de couverture des importations par les exportations recule ainsi à 75,6 %, contre 79,4 % en 2024.
Des performances sectorielles contrastées
La situation varie fortement selon les secteurs. Les exportations progressent dans les mines, phosphates et dérivés (+8,6 %) ainsi que dans les industries mécaniques et électriques (+6,5 %).
En revanche, de fortes baisses sont enregistrées dans le secteur énergétique (-34,8 %), en raison de la chute des ventes de produits raffinés (381,3 MD contre 1.143,1 MD), et dans les industries agroalimentaires (-17,5 %), principalement à cause du recul des exportations d’huiles d’olive (2.506,1 MD contre 3.636,2 MD). Le secteur textile, habillement et cuir accuse également un léger repli (-0,2 %).
Des importations tirées par les biens d’équipement
La progression des importations est portée par une hausse marquée des biens d’équipement (+18,6 %), suivie des matières premières et demi-produits (+6,6 %) et des biens de consommation (+12,1 %).
À l’inverse, la Tunisie réduit ses achats de produits énergétiques (-14,9 %) et de produits alimentaires (-5,1 %), deux catégories qui pèsent fortement dans la facture globale.
Exportations vers l’UE
L’Union européenne reste le principal débouché des exportations tunisiennes, représentant 70,6 % du total. Entre janvier et juillet, ces ventes atteignent 26,12 milliards de dinars, en légère hausse par rapport aux 25,91 milliards de 2024.
Les exportations progressent vers l’Allemagne (+15,4 %), la France (+7,5 %) et les Pays-Bas (+11,8 %), mais reculent vers l’Italie (-9,4 %) et l’Espagne (-30,4 %).
Exportations vers les pays arabes
La Tunisie renforce également ses échanges avec plusieurs pays arabes, enregistrant des hausses notables vers la Libye (+12,5 %), le Maroc (+38,5 %), l’Algérie (+20,8 %) et l’Égypte (+48,9 %).
Importations européennes et asiatiques en progression
Les importations depuis l’Union européenne représentent 44,2 % du total et atteignent 21,59 milliards de dinars, en hausse par rapport à l’année précédente. Les achats augmentent notamment depuis la France (+12,7 %) et l’Allemagne (+10,3 %), mais reculent avec l’Italie (-0,7 %), la Grèce (-29,7 %) et la Belgique (-7,6 %).
Hors UE, la Tunisie accroît ses importations depuis la Chine (+37,2 %) et la Turquie (+14,9 %), tandis que les volumes reculent depuis la Russie (-21,9 %) et l’Inde (-9,2 %).
Un déficit dominé par la facture énergétique
Selon l’INS, le déficit commercial est principalement alimenté par le secteur énergétique (-6,03 milliards de dinars), suivi des matières premières et demi-produits (-3,80 milliards), des biens d’équipement (-1,96 milliard) et des biens de consommation (-930,7 millions).
Seul point positif dans ce tableau : le groupe alimentation, qui enregistre un excédent de +823,4 millions de dinars, atténuant légèrement l’ampleur du déficit global.
