- Les fédérations de taxis appellent à une mobilisation nationale dès le 5 septembre. Champs-Élysées, aéroports, gares, frontières et dépôts pétroliers pourraient être paralysés.
- Les chauffeurs dénoncent une réforme de l’Assurance maladie qu’ils jugent menaçante pour leur activité.
Les fédérations de taxis entendent hausser le ton. Dès le 5 septembre, elles prévoient des actions de blocage d’ampleur dans toute la France. « Nous voulons mettre le pays à l’arrêt pour que le gouvernement arrête de nous mépriser », a déclaré Dominique Buisson, secrétaire général de la Fédération nationale du taxi (FNDT). Selon lui, les Champs-Élysées seront « le point d’orgue » de cette mobilisation, mais d’autres cibles sont identifiées : aéroports, gares, frontières et dépôts de carburant.
« On veut également mettre le système de distribution de carburant en vrac », a-t-il averti.
Une réforme contestée par la profession
En cause : la nouvelle convention de l’Assurance maladie, signée début août, qui modifie les conditions de prise en charge du transport sanitaire.
À partir du 1er octobre, un forfait de 13 euros sera appliqué au niveau national, assorti d’une tarification kilométrique harmonisée par département. Les retours « à vide » ne seront plus pris en charge, une mesure jugée particulièrement pénalisante.
L’Assurance maladie espère ainsi économiser 150 millions d’euros par an, alors que les dépenses liées au transport sanitaire atteindront 6,74 milliards d’euros en 2024, soit une hausse de 7 % en un an.
Mais pour la FNDT, l’impact sera lourd : « Cette réforme pourrait nous faire perdre jusqu’à 30 % de chiffre d’affaires », affirme Dominique Buisson.
« Pas de date de fin » pour la mobilisation
Les organisations de chauffeurs, réunies en interfédérale le 20 août, affirment que ce mouvement ne s’arrêtera pas tant que leurs revendications ne seront pas entendues.
« Puisque le gouvernement continue de nous mépriser, nous allons participer à bloquer ce pays pour nous faire entendre », a insisté le secrétaire général de la FNDT sur BFMTV.
Rachid Boudjema, président de l’Union nationale des taxis (UNT), appelle quant à lui « l’ensemble des taxis de la région parisienne à se mobiliser sur l’avenue des Champs-Élysées dès 7 heures du matin le 5 septembre ».
En province, les conducteurs sont encouragés à se regrouper « aux alentours des gares, des ports, des aéroports, des terminaux pétroliers ».
Un secteur sous tension
La très grande majorité des chauffeurs (85 %) effectuent du transport de patients, une activité qui représente la moitié de leur chiffre d’affaires. Pour Dominique Buisson, les besoins augmentent mais les moyens se réduisent : « Les patients ont plus de rendez-vous et doivent se rendre de plus en plus loin en raison de l’éloignement des centres de soins ».
Les taxis estiment ne pas avoir été suffisamment associés à l’élaboration de la réforme. « Ce qu’on demande depuis le mois de mai, c’est d’être entendus, écoutés, et surtout que l’on fasse appel à des professionnels. On met en place des théories qui ne sont pas applicables », dénonce Dominique Buisson, qui regrette des « monologues » du gouvernement plutôt qu’un vrai dialogue.
Vers une rentrée sous haute tension
Sans compromis, la rentrée sociale s’annonce tendue. La mobilisation des taxis pourrait avoir un impact majeur sur les déplacements en France, des voyageurs aériens aux patients hospitaliers, en passant par les automobilistes confrontés à des pénuries de carburant si les blocages se durcissent.
