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vendredi, mars 20, 2026
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Motions de censure contre le gouvernement Lecornu II : RN et LFI dégainent, le PS en arbitre

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  • À peine nommé à Matignon, Sébastien Lecornu fait face à une offensive coordonnée des oppositions.
  • Deux motions de censure ont été déposées lundi, tandis que les socialistes conditionnent leur position aux annonces sur la réforme des retraites.

   Le gouvernement Lecornu II entre en turbulence. Rassemblement national et La France insoumise ont chacun déposé une motion de censure lundi 13 octobre, dans un contexte où le Parti socialiste pourrait faire basculer le scrutin. Sur fond de controverses autour de la réforme des retraites, les chefs de file des oppositions durcissent le ton et misent sur une première défaite parlementaire du nouveau cabinet.

L’offensive des oppositions s’organise

Le RN a officialisé le dépôt d’une motion de censure, signée par le parti de Jordan Bardella et par l’Union des droites pour la République (UDR), le groupe créé par Éric Ciotti. Objectif affiché : faire tomber un gouvernement jugé illégitime dès ses premiers pas.

Dans le même temps, La France insoumise a dégainé sa propre motion. Annoncée par Mathilde Panot, elle est co-signée par des député·es ultramarins, communistes et écologistes. Le texte estime que « la nomination, pour la seconde fois, de Sébastien Lecornu à Matignon est l’ultime provocation d’un président de la République aux abois » et que « le débat ouvert sur un éventuel décalage de la réforme des retraites est un leurre ».

 Bardella pilonne « Lecornu II » et accuse le PS de « magouilles »

Invité de TF1, Jordan Bardella a dénoncé un « jeu de chaises musicales, qui ne changera absolument rien sur le fond ». Selon lui, « les Français ont un peu le sentiment qu’on a fait les fonds de tiroirs »

« Cette nouvelle équipe a un seul objectif, c’est de sauver Emmanuel Macron et de permettre à son camp de se maintenir coûte que coûte au pouvoir », martèle -t-il

Le président du RN a également visé le Parti socialiste, l’accusant de « magouiller dans les couloirs de Matignon pour essayer de se faire acheter » afin de ne pas voter la censure. « Les Français sont en train de se faire balader », a-t-il insisté, fustigeant« le cynisme » ambiant et estimant « qu’une partie des socialistes dans notre pays sont prêts à se corrompre et se faire acheter peut-être pour quelques subventions aux élections municipales ».

Mélenchon pronostique la chute du gouvernement

Au micro de France Inter, Jean-Luc Mélenchon a enfoncé le clou : « Ce gouvernement est une comédie. Il va évidemment tomber puisqu’il n’y a aucune possibilité de suspension des retraites avec les gens qui sont là-dedans. » Et de prophétiser un effet d’entraînement à gauche : « Les socialistes voteront la censure comme nous et comme la majorité de l’Assemblée. »

Le PS, maître des horloges ?

Reste la position du PS, décisive pour l’issue du vote. Le groupe socialiste, présidé par Boris Vallaud, attend la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu, prévue mardi après-midi à l’Assemblée nationale. Le premier secrétaire Olivier Faure a prévenu dans La Tribune :

« Si le Premier ministre ne répond pas à nos exigences, qui sont le simple respect de la démocratie et des Français, nous déposerons notre propre motion de censure. »

Dans les travées, chacun compte ses voix et jauge les lignes rouges. La France insoumise a déjà confirmé qu’elle voterait toute motion allant dans le sens du renversement, quand le RN a assuré qu’il soutiendrait celle des insoumis — « l’inverse n’étant pas vrai », souligne le camp Bardella.

Une bataille politique sur fond de retraites

Au cœur du bras de fer : la réforme des retraites. Les oppositions dénoncent un faux-semblant autour d’une éventuelle suspension ou d’un décalage du texte. « Le débat est un leurre », accuse la motion LFI. De son côté, le RN affirme qu’« on voit bien que tout ce qui est mis en œuvre depuis plusieurs jours […] a pour seul objectif d’empêcher les idées que je représente et le Rassemblement national d’accéder au pouvoir par l’intermédiaire d’une dissolution de l’Assemblée nationale », selon Jordan Bardella.

Et maintenant : l’arithmétique implacable de l’Assemblée

Entre dépôts de motions, ralliements potentiels et manœuvres de dernière minute, l’exécutif joue sa survie parlementaire dès les premiers jours. Le calendrier s’accélère : déclaration de politique générale mardi, puis possible vote des motions dans la foulée selon l’ordre du jour. D’ici là, chaque prise de parole cherchera à fixer le récit d’un moment-charnière : simple coup de chaud d’ouverture ou véritable crise de confiance pour Lecornu II.

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