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Nutri-Score : l’Assemblée nationale vote l’affichage sur les aliments, avec des exceptions pour les AOP, AOC et IGP

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  • Le Nutri-Score pourrait-il bientôt s’imposer sur la quasi-totalité des aliments en France ?  
  • Dans la nuit du 7 au 8 novembre, les députés ont adopté des amendements au budget de la Sécurité sociale rendant l’étiquetage obligatoire, tout en préservant certains produits sous signes d’origine.

L’Assemblée nationale a approuvé l’obligation d’apposer le Nutri-Score, ce logo coloré qui note de A à E la qualité nutritionnelle des aliments. Si les élus entendent renforcer l’information des consommateurs, ils ont exclu de la mesure les produits bénéficiant d’appellations d’origine (AOP, AOC) et d’indications géographiques (IGP), au grand regret des associations qui plaident pour un dispositif universel.

Dans la nuit de vendredi 7 à samedi 8 novembre, les députés ont adopté des amendements identiques visant à rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur les emballages. Mis en place sur la base du volontariat depuis 2017, ce repère classe les produits de A à E selon leurs qualités nutritionnelles.

 « Les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l’obésité, les maladies chroniques ne se combattront pas uniquement avec des grandes paroles », a argumenté la socialiste Sandrine Runel, auteure de l’un des amendements adoptés, l’autre étant signé par l’écologiste Boris Tavernier.

Cette adoption s’est faite contre l’avis de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, qui estime que l’amendement « contrevient au droit de l’Union européenne ».

Des exceptions pour les produits d’origine

Par sous-amendement, les députés ont exclu de l’obligation certains produits : appellations d’origine protégée (AOP), appellations d’origine contrôlée (AOC), indications géographiques protégées (IGP), etc. L’objectif affiché est de ne pas assimiler ces produits de terroir à des recettes standardisées.

 « Nos produits de nos terroirs, qui sont faits avec amour (…) pour reproduire des recettes qui remontent parfois à des siècles ne doivent pas être comparés à des produits ultra-transformés », a justifié Jean-François Rousset (Ensemble pour la République).

Un précédent en 2024… et un effet sur les recettes

La même orientation avait été votée en novembre 2024 lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale 2025, avant d’être retirée du texte final. La perspective d’un Nutri-Score généralisé avait toutefois poussé certains industriels à adapter leurs formules.

 « L’année dernière, Nestlé, qui n’est pas un des moindres industriels, a changé la recette des Chocapic », a souligné Sandrine Runel.

Pour entrer en vigueur, l’obligation devra être conservée dans la version définitive du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026. Ce n’est qu’au terme du parcours parlementaire et après promulgation que le Nutri-Score deviendra effectivement obligatoire sur l’ensemble des produits concernés.

Au lendemain du vote, les associations de consommateurs saluent une avancée, tout en déplorant l’ampleur des exemptions. « On aurait pu imaginer que ce soit obligatoire pour tous les produits », regrette, samedi 8 novembre sur franceinfo, Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’UFC-Que Choisir.

« C’est dommage de commencer à opposer deux indicateurs qui n’ont rien à voir entre eux. Le Nutri-Score ça vous permet de savoir si c’est un produit qui est trop gras, trop salé, trop sucré, les AOP, les IGP vous garantissent une origine« , ajoute t-elle.

Selon l’UFC-Que Choisir, l’apposition du logo « permet aux consommateurs d’orienter leur consommation vers de meilleurs produits ». La présidente rappelle aussi que certains fabricants ont cessé d’afficher la pastille lors de l’évolution du barème.

« Tous les industriels ne jouent pas le jeu et lorsque le Nutri-Score a été modifié, certains industriels l’ont retiré de leurs produits parce qu’ils avaient une note qui était dégradée par rapport à leur note précédente », appuie-t-elle, en plaidant pour «un système obligatoire qui permettra d’avoir cet affichage sur les produits. »

Enjeu de santé publique

Par sa lisibilité, le Nutri-Score vise à éclairer l’acte d’achat et à prévenir les maladies chroniques en orientant vers des recettes mieux équilibrées. Les partisans de l’obligation estiment qu’un marquage harmonisé, visible et comparatif constitue un levier simple pour améliorer la qualité des paniers des ménages, sans empêcher la consommation de produits de terroir.

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