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Atos choisie par le SKAO pour le traitement des données des plus grands radiotélescopes du monde

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  • Les futurs radiotélescopes du projet international SKA s’appuieront sur une infrastructure de calcul et de traitement de données développée par Eviden, la branche produits d’Atos.
  • Ce contrat confirme la montée en puissance de l’industrie française dans les grandes infrastructures scientifiques internationales.

   Eviden, la filiale de logiciels et de matériels d’Atos ) a été sélectionnée par l’Observatoire SKAO pour fournir le Science Data Processing Centre (SDP) des télescopes SKA-Low (Australie) et SKA-Mid (Afrique du Sud). L’objectif : absorber et structurer des volumes de données sans précédent, équivalents à plus d’un million de flux vidéo 4K simultanés.

Eviden a signé en France un contrat avec l’Observatoire « Square Kilometre Array » (SKAO) portant sur la fourniture du Science Data Processing Centre, composant essentiel des infrastructures scientifiques SKA-Low et SKA-Mid.

Cet accord intervient alors que la France, membre observateur du SKAO, attend la ratification parlementaire formelle de son adhésion. Le gouvernement français a déjà signé l’accord d’adhésion en 2022, et le CNRS, via SKA-France, a engagé une collaboration avec l’Observatoire la même année.

Les télescopes SKA, actuellement en construction en Australie et en Afrique du Sud, formeront les réseaux de radiotélescopes les plus vastes jamais conçus, destinés à produire des données inédites en volume comme en précision.

Un système conçu pour traiter un flux massif de données

Le SDP assurera la transformation des données brutes captées par les antennes en informations exploitables. Les volumes concernés sont considérables : plus d’un million d’équivalents flux Netflix 4K, ramenés en temps réel à quelques milliers de flux pertinents, puis archivés à hauteur d’environ 700 pétaoctets annuels.

Les premières installations de la solution d’Eviden sur les sites australien et sud-africain sont prévues pour 2026.

« Nous faisons face à un défi colossal en matière de données, et Eviden apporte une solution mature, éprouvée et fiable », souligne Nick Rees, responsable informatique et logiciel du SKAO

Il insiste sur la nécessité d’un système évolutif, capable d’intégrer de nouveaux composants tout au long de la construction.

Une infrastructure évolutive mêlant calcul intensif et stockage 

 La solution développée par Eviden s’appuie sur une architecture modulaire conçue pour être déployée de manière progressive sur chacun des sites du SKAO. Elle combine du calcul haute performance basé sur des processeurs Intel, des technologies de stockage DDN à faible latence et un ensemble de solutions logicielles dédiées à la gestion et à l’orchestration des flux de données.

L’ensemble est consolidé par un logiciel système permettant d’intégrer tous les composants au sein d’une plateforme unifiée. La maintenance locale et la continuité opérationnelle seront assurées par Evernex, partenaire d’Eviden sur le terrain.

Pour Eviden, ce projet représente un positionnement stratégique. Emmanuel Le Roux, SVP et directeur monde de l’activité « Advanced Computing and AI », précise : « Ce projet place la technologie d’Eviden au cœur de l’une des initiatives scientifiques les plus importantes de la décennie. Nous sommes fiers de contribuer à la vision du SKAO avec une solution conçue en Europe et déployée sur deux continents. »

De son côté, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace voit dans ce projet une illustration du rôle de l’industrie nationale dans les grands équipements internationaux.

« Le ministère est très fier de la contribution de la France au SKAO. Ce projet ouvre des perspectives d’innovation pour traiter des volumes de données très importants tout en minimisant l’impact environnemental », explique Jean-Luc Moullet, directeur général pour la recherche et l’innovation dans un communiqué.

Le CNRS mobilisé autour du traitement et de la redistribution des données

Le CNRS, via SKA-France, accompagne le développement de l’écosystème scientifique lié au SKAO. Le supercalculateur Jean Zay, exploité par l’institution, figure parmi les infrastructures susceptibles de contribuer au traitement et à la redistribution future des données.

« Produire des données prêtes à l’analyse à partir des flux immenses générés par les télescopes est l’un des défis technologiques majeurs du projet SKA. Cette contribution jouera un rôle clé pour permettre la redistribution de centaines de pétaoctets de données chaque année à la communauté scientifique mondiale », a indiqué Antoine Petit, président-directeur général du CNRS, cité dans le communiqué du groupe.

 

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