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Casino : Kretinsky prêt à injecter 300 M€ pour une nouvelle restructuration de la dette

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  • Le groupe Casino ouvre un nouveau chapitre de son redressement financier avec une deuxième restructuration de sa dette en moins de trois ans.
  • Sous la houlette de son actionnaire principal Daniel Kretinsky, le distributeur entend alléger son endettement et rassurer ses créanciers avec un plan stratégique à horizon 2030.

   Le distributeur, contrôlé depuis 2024 par le milliardaire tchèque, veut ramener sa dette de 1,4 milliard à 800 millions d’euros et faire baisser le coût de son financement. France Retail Holdings, véhicule d’investissement de Daniel Kretinsky, « serait prêt à garantir une augmentation de capital de 300 millions d’euros sous réserve d’une issue satisfaisante des discussions du groupe avec ses créanciers », tandis que le plan 2030 affiche des ambitions de croissance et de rentabilité renouvelées.

Une nouvelle restructuration de la dette d’ici 2026

Le groupe Casino a annoncé ce lundi 24 novembre réunir ses créanciers pour entamer des négociations sur une nouvelle restructuration de sa dette, la deuxième en moins de trois ans. Le distributeur, propriétaire des enseignes Monoprix, Franprix ou encore CDiscount, doit faire face à une importante échéance : 1,4 milliard d’euros à rembourser en mars 2027.

L’objectif est de ramener ce montant à 800 millions d’euros. Dans un communiqué, Casino précise que ces discussions visent à parvenir à un accord « d’ici la fin du second trimestre 2026 ».

Pour rendre cette trajectoire soutenable, le groupe souhaite non seulement réduire le stock de dette de 600 millions d’euros, mais aussi en alléger le coût. Le taux d’intérêt moyen passerait ainsi de 9 % à 6 %, selon les paramètres envisagés avec les créanciers.

Kretinsky prêt à apporter 300 millions d’euros

Au cœur de ce nouveau tour de table figure France Retail Holdings (FRH), l’actionnaire principal du groupe Casino, détenu majoritairement par Daniel Kretinsky. FRH « serait prêt à garantir une augmentation de capital de 300 millions d’euros sous réserve d’une issue satisfaisante des discussions du groupe avec ses créanciers », indique encore le groupe.

En contrepartie de cette opération et de la réduction de la dette, la structure actionnariale évoluerait. À l’issue du processus, l’homme d’affaires tchèque doit rester l’actionnaire majoritaire de Casino, avec un objectif de 68 % du capital détenu par FRH, contre 53 % aujourd’hui. Un rééchelonnement de la dette fait également partie des options envisagées.

Cette nouvelle phase s’inscrit dans la continuité du vaste chantier de restructuration engagé en 2024, qui avait déjà conduit à alléger la dette de près de 5 milliards d’euros et au départ du PDG historique, Jean-Charles Naouri. Mais l’endettement s’est de nouveau tendu : il a grimpé à 1,4 milliard d’euros au premier semestre 2025, contre 1,2 milliard d’euros six mois plus tôt.

Renforcer les fonds propres et la confiance des marchés

Fin octobre, Casino avait déjà fait part de sa volonté de renforcer sa structure financière d’ici mi-2026, en particulier « ses fonds propres ». La promesse d’apport en capital de Daniel Kretinsky s’inscrit dans cette logique de consolidation.

Philippe Palazzi, directeur général du groupe Casino, a salué cet engagement en soulignant qu’il représente « une véritable preuve de confiance dans l’avenir du groupe » et dans la pertinence du plan stratégique à horizon 2030 présenté ce lundi.

En toile de fond, il s’agit pour le distributeur de maintenir la confiance de ses créanciers, de ses partenaires commerciaux et de ses salariés, tout en poursuivant son repositionnement sur un périmètre recentré et plus rentable.

Des objectifs financiers confirmés pour 2028

En dépit des pressions persistantes liées à son endettement, le groupe Casino maintient ses prévisions financières pour 2028. Il ambitionne d’atteindre un volume d’affaires de 15 milliards d’euros, accompagné d’une progression annuelle moyenne du chiffre d’affaires de 0,8 % sur la période 2024-2028, ainsi qu’un Ebitda ajusté, indicateur clé de rentabilité opérationnelle, fixé à 500 millions d’euros.

Ces cibles doivent témoigner de la capacité du distributeur à retrouver une trajectoire de croissance, même modérée, tout en améliorant sa rentabilité opérationnelle.

Des ambitions renforcées à l’horizon 2030

Au-delà de 2028, le groupe Casino se projette sur le long terme avec une trajectoire de croissance affichée comme plus ambitieuse. À l’horizon 2030, le distributeur prévoit un volume d’affaires de 15,8 milliards d’euros, un Ebitda ajusté porté à 644 millions d’euros, ainsi que des « économies additionnelles de plus de 150 millions d’euros sur 2029-2030″, traduisant sa volonté de renforcer durablement sa performance opérationnelle et sa discipline financière.

Ces gains attendus reposent sur la poursuite des plans d’économies, la rationalisation du réseau, l’optimisation logistique et la montée en puissance des enseignes jugées les plus performantes.

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