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dimanche, mai 10, 2026
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Vague de froid : la consommation électrique en France dépasse 74 GW, alerte RTE

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  • La France affronte un nouvel épisode de froid intense, avec une demande d’électricité qui s’envole.
  • Ce lundi, la consommation nationale a franchi le seuil des 74 GW, ravivant les tensions sur le réseau et sur les prix.

   Sous des températures autour de -1 °C en moyenne, la demande d’électricité atteint un niveau record depuis février. Si la France reste exportatrice, les prix spot grimpent et des moyens de production d’appoint, dont le charbon, sont sollicités. Dans son dernier rapport, RTE insiste : sans accélération de l’électrification, la trajectoire de décarbonation et de réindustrialisation pourrait dérailler.

Une demande électrique au plus haut depuis février

Au cœur de la vague de froid, la consommation française d’électricité flirte avec des niveaux rarement observés ces derniers mois. Ce lundi, elle a dépassé 74 GW, soit un niveau comparable à celui de la mi-novembre, lors du précédent coup de froid. Un seuil qui marque un record depuis février, lorsque la consommation avait atteint 78,6 GW le 4 février, selon RTE.

Pour la séquence en cours, le gestionnaire de réseau à haute tension prévoit que la demande reste soutenue, avec « des pics autour de 75GW ». La baisse des températures pèse directement sur les besoins de chauffage : les valeurs devraient tourner en moyenne autour de -1 degré, soit six degrés en deçà des normales de saison .

Prix spot : une tension visible sur le marché de l’électricité

 Cette poussée de consommation se lit aussi dans les transactions au jour le jour. Selon les chiffres du marché spot ( les prix de vente de l’électricité au comptant),  la France exporte son énergie à des tarifs régulièrement plus élevés que l’Allemagne, un signe d’une forte tension sur le réseau .

Autrement dit, même si l’équilibre global reste assuré, la dynamique de prix traduit une demande élevée et un système électrique davantage sous pression, notamment aux heures de pointe.

Charbon : des centrales sollicitées, mais une contribution marginale

 Pour sécuriser l’approvisionnement, le mix se diversifie ponctuellement. « Les centrales à charbon de Saint-Avold, en Moselle, et Cordemais, en Loire-Atlantique, tournent la nuit notamment », indique le texte. Un recours toutefois très limité à l’échelle nationale : « leur production ne dépasse pas 1% de la consommation électrique totale ».

Ce renfort illustre la logique d’ajustement en période de froid : mobiliser des capacités pilotables, même faiblement utilisées le reste de l’année, afin de passer les pics de demande.

RTE met en garde : accélérer l’électrification pour tenir les objectifs 2035

Dans son dernier rapport publié il y a trois semaines, RTE appelle à une accélération nette de la transition : la France doit « accélérer sa transition vers l’électricité pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles, sans quoi elle risque de manquer ses objectifs de « décarbonation et de réindustrialisation ».

La trajectoire est ambitieuse : la stratégie française vise à réduire la part des hydrocarbures (gaz, pétrole, fioul…) dans la consommation d’énergie, de 60% aujourd’hui à 30-35% d’ici 2035, en les remplaçant par de l’électricité dans les transports, l’industrie, les bâtiments…

 Un “retard” malgré une électricité déjà décarbonée à 95%

Paradoxalement, l’Hexagone dispose d’un atout rare en Europe : une production particulièrement abondante et déjà décarbonée à 95%, portée par les renouvelables et  surtout le nucléaire , historiquement prépondérant. Pourtant, RTE pointe un frein majeur : le pays accuse un retard dans la dynamique d’électrification.

Conséquence : le gestionnaire RTE, dont les scénarios doivent éclairer les futures décisions politiques, ajuste à la baisse les besoins d’électricité de la France d’ici 2035 « d’environ 35 TWh » » par rapport à son analyse de 2023. Un ajustement qui reflète le décalage entre les trajectoires attendues (véhicules électriques, pompes à chaleur, électrification industrielle) et le rythme réel des bascules d’usages.

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