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Pesticides interdits : la France veut suspendre des importations alimentaires venues d’Amérique du Sud

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  • Le gouvernement a annoncé dimanche 4 janvier un arrêté visant à suspendre l’importation de produits alimentaires d’Amérique du Sud contenant des résidus de quatre substances interdites en Europe.
  • Le texte doit être publié mardi et devra ensuite obtenir l’accord de la Commission européenne.

   Avocats, mangues, agrumes, raisins, pommes, mais aussi melons, cerises, fraises ou pommes de terre : la liste des produits potentiellement concernés est large. Le Premier ministre et la ministre de l’Agriculture veulent empêcher que des pesticides interdits dans l’Union européenne se retrouvent « indirectement » dans les assiettes françaises. Le texte, attendu dès mardi, devra ensuite être validé par la Commission européenne dans un délai de dix jours.

Une suspension ciblée sur les résidus de substances interdites

La France s’apprête à suspendre l’importation, en provenance d’Amérique du Sud, de denrées alimentaires contenant des traces de pesticides interdits sur le territoire européen. L’annonce a été faite dimanche 4 janvier par le Premier ministre et la ministre de l’Agriculture, dans un contexte de forte sensibilité autour de la concurrence internationale et de la sécurité sanitaire.

Sur X, Sébastien Lecornu a précisé le cadre de la mesure : « Un arrêté sera pris dans les prochains jours, à l’initiative de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, pour suspendre l’importation de produits contenant des résidus de substances interdites en Europe : mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime », des substances utilisées comme fongicides ou herbicides.

Quatre substances visées : mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl, carbendazime

Le futur arrêté ciblera donc quatre molécules : mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime. Le gouvernement entend ainsi fermer la porte aux produits importés qui ne respecteraient pas les mêmes exigences que celles imposées aux producteurs européens.

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard revendique une ligne de fermeté au nom de la cohérence réglementaire :

« On ne peut pas accepter que des substances bannies chez nous réapparaissent indirectement par le biais des importations. C’est du bon sens. D’où qu’ils viennent dans le monde, les produits importés doivent respecter nos normes. La France montre l’exemple en Europe », a-t-elle déclaré sur X.
Publication mardi, feu vert européen attendu dans les dix jours

Le ministère de l’Agriculture a indiqué que l’arrêté serait publié mardi. Une étape qui ne suffira toutefois pas à rendre la mesure pleinement effective : la France devra obtenir un accord de la Commission européenne dans les dix jours.

Le gouvernement espère aller vite. Annie Genevard compte obtenir ce feu vert dès mercredi, lors d’un déplacement à Bruxelles, afin d’éviter tout blocage administratif et de sécuriser le calendrier annoncé.

Des contrôles renforcés 

Au-delà du texte, l’exécutif promet une intensification des vérifications aux frontières. Sébastien Lecornu a ainsi annoncé : « Des contrôles renforcés seront réalisés par une brigade spécialisée pour garantir le respect de nos normes sanitaires ».

Le Premier ministre présente cette mesure comme un jalon dans une stratégie plus large, destinée à soutenir les filières françaises : il s’agit d’« une première étape pour protéger nos filières et nos consommateurs et lutter contre la concurrence déloyale, véritable enjeu de justice et d’équité pour nos agriculteurs ».

Cette annonce intervient alors que le monde agricole reste sous pression. Les agriculteurs font notamment face à une épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, qui fragilise les exploitations et renforce les inquiétudes sur la résilience des filières.

En parallèle, la contestation se cristallise aussi autour de la scène européenne : les agriculteurs se mobilisent contre la signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays du Mercosur, prévue le 12 janvier.

Pour l’exécutif, la suspension annoncée sur les produits contenant des résidus de substances interdites vise aussi à répondre à une demande récurrente du secteur : l’alignement des règles entre production nationale et produits importés, afin d’éviter une concurrence jugée injuste.

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