- L’ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, sera convoqué lundi à 19 heures au Quai d’Orsay, a annoncé Jean-Noël Barrot.
- En cause : un commentaire de l’ambassade américaine sur la mort du militant identitaire Quentin Deranque, que Paris juge politiquement orienté.
- Le ministre des Affaires étrangères dénonce une récupération et assure que la France n’a « aucune leçon à recevoir de l’internationale réactionnaire ».
La tension monte entre Paris et Washington. L’ambassadeur américain Charles Kushner, en poste à Paris, va être convoqué au Quai d’Orsay lundi à 19 heures, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
Invité dimanche 22 février dans l’émission « Questions politiques » sur franceinfo, France Inter et Le Monde, le chef de la diplomatie française a justifié cette décision par une prise de parole de l’ambassade des États-Unis au sujet de la mort du militant identitaire Quentin Deranque :
« Nous allons convoquer l’ambassadeur des Etats-Unis en France, puisque l’ambassade des Etats-Unis en France a fait un commentaire sur ce drame », a-t-il déclaré.
À l’origine de la convocation : une déclaration attribuée à l’administration Trump et relayée par la représentation américaine à Paris.« L’extrémisme violent de gauche est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin Deranque démontre la menace qu’il représente pour la sécurité publique », a affirmé l’ambassade américaine. Avant d’ajouter : « Nous continuerons à suivre la situation et espérons que les auteurs de ces violences seront traduits en justice. »
Ce message a immédiatement fait réagir les autorités françaises, qui y voient une lecture politique d’un drame encore sensible et un commentaire jugé inapproprié sur une affaire relevant des autorités nationales.
Barrot dénonce une « instrumentalisation »
Face à ces propos, Jean-Noël Barrot a opposé une fin de non-recevoir. « Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame (…) à des fins politiques », a-t-il martelé, dénonçant ce qu’il considère comme une tentative de récupération.
Le ministre a également lancé une charge plus large, visant l’orientation idéologique du message : « Nous n’avons aucune leçon à recevoir de l’internationale réactionnaire », a-t-il affirmé sur franceinfo. Et d’insister sur le fond : la France n’aurait « aucune leçon s’agissant de la violence, en particulier à recevoir de l’internationale réactionnaire ».
Cette convocation n’est pas une première. Fin août, Charles Kushner avait déjà été convoqué au ministère des Affaires étrangères après des critiques américaines qualifiées d’inacceptables par Paris sur « l’absence d’action suffisante » contre l’antisémitisme.
Mais l’ambassadeur n’avait pas fait le déplacement.En l’absence de l’ambassadeur » Charles Kushner, c’est le chargé d’affaires de l’ambassade américaine qui s’était rendu à la convocation, selon les autorités françaises.
L’échange attendu lundi à 19 heures au Quai d’Orsay devrait permettre à la France de rappeler sa position : pas question, pour Paris, de laisser la mort de Quentin Deranque devenir un objet de polémique internationale.
