- Pékin dit “évaluer” l’impact de l’invalidation par la Cour suprême américaine d’une grande partie des surtaxes imposées par Donald Trump.
- Tout en prenant acte du jugement, la Chine exhorte Washington à supprimer les droits de douane “unilatéraux”, sur fond de guerre commerciale fragile et d’annonce d’une nouvelle taxe mondiale de 15%.
La Chine a réagi avec prudence mais ferté à la décision de la Cour suprême des États-Unis d’invalider une large partie des droits de douane instaurés par Donald Trump. “Nous avons pris note de la décision de la Cour suprême des États-Unis sur les droits de douane et nous procédons actuellement à une évaluation complète de son contenu et de son impact”, a déclaré lundi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.
Dans la foulée, Pékin a haussé le ton, appelant Washington à revoir l’ensemble de sa stratégie commerciale.
“La Chine presse les États-Unis d’annuler les droits de douane unilatéraux imposés à leurs partenaires commerciaux”, a insisté le ministère.
Deuxième économie mondiale et partenaire commercial majeur des États-Unis, la Chine a été particulièrement ciblée par la politique de surtaxes relancée par Donald Trump après son retour à la Maison Blanche en janvier 2025.
Vendredi, la Cour suprême américaine a estimé que l’“urgence économique” invoquée par l’exécutif pour contourner l’aval préalable du Congrès n’était pas fondée, retoquant ainsi une grande partie des tarifs douaniers décidés par la Maison Blanche.
Si cette décision constitue un revers juridique pour Donald Trump, ses effets pratiques restent flous. L’administration américaine explore déjà des voies alternatives pour maintenir la pression commerciale.
Le ministère chinois du Commerce a également averti que Pékin restait attentif aux intentions de Washington. Il a indiqué avoir “noté” que les États-Unis envisageaient “des mesures alternatives, telles que des enquêtes commerciales”, destinées à préserver la hausse des droits de douane appliqués à leurs partenaires. Pékin a prévenu qu’il continuerait à “suivre de près cette situation” et à “défendre résolument ses intérêts”.
Nouvelle taxe mondiale de 15%, trêve fragile avec Pékin
Donald Trump a décrété une nouvelle taxe douanière mondiale de 15%, censée entrer en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours, avec des exemptions sectorielles. Cette annonce intervient alors que Washington et Pékin avaient conclu en octobre une trêve après plusieurs mois d’escalade tarifaire. Le président chinois Xi Jinping et son homologue américain s’étaient accordés sur une désescalade partielle, dont de nombreux experts soulignent toutefois la fragilité.
Le ministère chinois du Commerce a dénoncé des mesures qu’il juge contraires au droit et aux principes du commerce mondial. Selon lui, les “droits de douane réciproques”, ceux liés au fentanyl ainsi que “les autres mesures unilatérales imposées par les États-Unis” “violent les règles économiques et commerciales internationales ainsi que le droit national américain” et “ne servent les intérêts d’aucune partie”.
“La coopération entre Chine et États-Unis profite aux deux parties, la confrontation fait du tort aux deux parties”, fait savoir le ministère du Commerce chinois
Les douanes américaines suspendent les droits “réciproques”
Sur le plan opérationnel, l’agence américaine des douanes a annoncé qu’elle cesserait de prélever les droits dits “réciproques” dès mardi, à la suite de la décision de la Cour suprême. L’information, relayée par Reuters, a été transmise aux transporteurs via une messagerie spécifique.
Un signal immédiat, mais qui ne dissipe pas l’incertitude quant à la stratégie commerciale globale de Washington. Dans ce contexte tendu, un responsable de la Maison Blanche a indiqué que Donald Trump pourrait se rendre en Chine du 31 mars au 2 avril. Pékin n’a pas confirmé cette visite.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a affirmé dimanche s’attendre à ce que les accords commerciaux conclus avec la Chine, mais aussi avec l’Union européenne et d’autres partenaires, restent en vigueur. Ce dernier a assuré que le déplacement présidentiel ne serait pas un bras de fer commercial, mais viserait à “superviser l’accord” passé avec Pékin.
