- Au lendemain d’une décision de la Cour suprême invalidant une large partie de ses droits de douane « réciproques », Donald Trump contre-attaque.
- Sur Truth Social, le président américain promet une riposte commerciale ciblée et affirme pouvoir imposer de nouvelles taxes sans passer par le Congrès.
- En parallèle, de nouveaux droits de douane mondiaux de 10%, puis 15%, entrent en vigueur ce mardi.
Ce lundi 23 février, Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane « beaucoup plus élevés » aux pays qui tenteraient de « jouer » avec les conséquences du récent verdict judiciaire. Dans un message publié sur Truth Social, il vise des partenaires commerciaux accusés d’avoir profité des États-Unis pendant des années.
« Tous les pays qui voudraient jouer avec la décision ridicule de la Cour suprême, en particulier ceux qui ont plumé les Etats-Unis pendant des années, ou même des décennies, seraient confrontés à un droit de douane beaucoup plus élevé, et pire, que tous ceux qu’ils ont récemment acceptés. »
« Je peux utiliser des pouvoirs… absolument terribles »
Malgré le revers judiciaire, Donald Trump assure qu’il dispose encore de leviers pour durcir sa politique commerciale. Dans un ton offensif, le président affirme pouvoir agir unilatéralement contre les pays qu’il accuse d’« exploiter » les États-Unis.
« Je peux utiliser des pouvoirs pour faire des choses absolument terribles à des pays étrangers, en particulier à ceux qui nous EXPLOITENT depuis de nombreuses décennies. »
Dans la même série de publications, Donald Trump attaque directement la Cour suprême, l’accusant de favoriser la Chine, et laisse entendre que la décision ouvre la voie à d’autres arbitrages défavorables à Washington : « La prochaine chose qui arrivera, c’est qu’ils (les juges de la Cour suprême) rendront une décision en faveur de la Chine et d’autres pays. »
La Cour suprême invalide une partie des droits de douane « réciproques »
Vendredi dernier, la Cour suprême a invalidé une grande partie des droits de douane instaurés par Donald Trump depuis son retour au pouvoir. La décision remet en cause un pilier de sa politique économique, mais aussi une stratégie diplomatique structurée autour du rapport de force commercial.
Dans un message au ton sarcastique, le président américain s’en prend à l’institution, allant jusqu’à revendiquer un manque de respect : « La cour suprême (je vais utiliser des minuscules pendant un moment, faute de tout respect !) des Etats-Unis m’a accidentellement et inconsciemment donné, à moi, Président des Etats-Unis, beaucoup plus de pouvoirs et de force que je n’en avais avant leur décision ridicule, stupide et très clivante sur le plan international. »
Congrès au cœur du bras de fer institutionnel
Au centre du litige, la question des prérogatives constitutionnelles. La juridiction a jugé « illégaux » les droits de douane dits « réciproques », estimant que Donald Trump avait outrepassé ses pouvoirs et empiété sur ceux du Congrès, seul habilité à lever des taxes selon la Constitution.
Mais le président conteste cette lecture et maintient qu’il peut avancer sans vote parlementaire. Il a précisé dans une autre publication qu’il « n’avait pas besoin de retourner devant le Congrès pour avoir son accord sur les droits de douane. » Une déclaration qui laisse présager un nouveau bras de fer entre l’exécutif, la justice et le pouvoir législatif.
De nouveaux droits de douane entrent en vigueur ce mardi
Annoncés dans la foulée du revers infligé par la Cour suprême, de nouveaux droits de douane mondiaux voulus par Donald Trump entrent en vigueur ce mardi. Le dispositif prévoit un premier niveau de taxation à 10%, puis une hausse à 15%.
Dans un contexte de tensions commerciales déjà vives, ces nouvelles mesures pourraient raviver les frictions avec plusieurs partenaires, au moment même où la Maison-Blanche est contrainte de composer avec les limites fixées par la Cour suprême.
