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Maroc : la BEI signe 740 millions d’euros de financements en 2025, un plus haut depuis 2012

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  • La Banque européenne d’investissement (BEI), via BEI Monde, a signé 740 millions d’euros de financements au Maroc en 2025, un niveau inédit depuis 2012.
  • Derrière ce record : des investissements orientés “infrastructures” — eau, électricité, routes, écoles, hôpitaux — et un effort massif de reconstruction post-séisme.
  • L’ensemble s’inscrit dans le partenariat Maroc–UE, avec l’initiative Global Gateway en toile de fond.

    Avec 740 millions d’euros signés en 2025, la BEI accélère son soutien financier au Maroc et envoie un signal clair sur le rôle de la dépense d’infrastructure comme levier de croissance et de résilience. Les opérations, portées par BEI Monde (la branche de la BEI pour les activités hors Union européenne), ciblent des secteurs à fort impact macroéconomique : sécurité hydrique, renforcement du réseau électrique, et remise en état d’équipements publics dans les zones touchées par le séisme.

Pour Ioannis Tsakiris, vice-président de la BEI, ces financements traduisent une logique d’investissement orientée résultats. La BEI, dit-il, veut faire du partenariat UE–Maroc « un moteur d’investissement durable et d’impact concret pour les populations », en accompagnant « les priorités définies conjointement » avec les autorités marocaines et les partenaires européens.

Il annonce aussi la continuité : en 2026, la banque poursuivra la mobilisation de ses ressources en cohérence avec Global Gateway et le nouveau pacte pour la Méditerranée, afin de « renforcer les résultats de ce partenariat stratégique ».

Eau : 70 millions d’euros pour réduire le risque hydrique

Premier axe, l’eau : la BEI a accordé 70 millions d’euros à l’ONEE – Branche Eau pour moderniser les infrastructures de production et de transport d’eau potable. Soutenue par la garantie de l’Union européenne, l’opération vise un enjeu devenu central pour l’économie : limiter le risque hydrique qui pèse sur les ménages, l’agriculture et l’industrie, en particulier dans les petites et moyennes villes et les zones rurales.

Le financement s’inscrit dans le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation, avec l’objectif d’améliorer la continuité de service et la capacité du réseau à répondre aux besoins.

Électricité : 170 millions d’euros pour renforcer le réseau

Deuxième poste : l’énergie. La BEI a signé un prêt de 170 millions d’euros avec l’ONEE – Branche Électricité, également adossé à la garantie de l’UE, pour renforcer et moderniser le réseau de transport. L’enjeu est double : sécuriser l’acheminement de l’électricité, et préparer le système à l’arrivée de nouvelles capacités renouvelables, en améliorant l’intégration et l’équilibrage du réseau.

Dans un contexte de hausse de la demande et de chocs climatiques plus fréquents, cette modernisation est présentée comme un investissement de résilience, au service de la compétitivité et de la continuité de l’activité économique.

Post-séisme :  remettre routes, écoles et hôpitaux sur pied

L’essentiel de l’enveloppe — 500 millions d’euros — est consacré à la reconstruction dans les régions affectées par le séisme du 8 septembre 2023. Il s’agit de la seconde tranche d’un programme global d’un milliard d’euros. Les financements ciblent la remise en état de routes, d’écoles et d’infrastructures de santé, avec une logique économique : rétablir l’accès aux services, faciliter la mobilité, soutenir les circuits locaux et accélérer la reprise.

Adrien de Bassompierre, chef de la représentation de la BEI au Maroc, résume la portée du millésime 2025 : « Les 740 millions d’euros de financements signés en 2025, le niveau le plus élevé enregistré depuis 2012, illustrent notre mobilisation » autour de quatre priorités : « la résilience, la transition énergétique, la sécurité de l’eau et la reconstruction post-séisme d’infrastructures essentielles ». Il y voit une dynamique favorable à « un développement durable et inclusif au bénéfice des citoyens ».

210 millions d’euros décaissés, avec un volet compétitivité pour l’export

Au-delà des signatures, la BEI indique que ses décaissements au Maroc ont atteint 210 millions d’euros en 2025 : 180 millions d’euros pour le secteur public et 30 millions d’euros pour le secteur privé. Parmi les opérations citées figure un financement en faveur du Groupe Banque populaire, dans le cadre d’un programme de l’UE visant à renforcer les chaînes de valeur exportatrices dans trois secteurs clés : automobile, textile et agroalimentaire.

Ce volet “privé” illustre l’objectif de transformer l’effort d’investissement en gains de productivité et de compétitivité, en appuyant des filières exportatrices à fort potentiel.

Coopération Maroc–UE : un pilier de la trajectoire financière

Pour l’Union européenne, l’orientation est assumée : le Maroc reste un partenaire central du voisinage sud et un bénéficiaire majeur des financements dans la région. Dimiter Tzantchev, ambassadeur de l’UE au Maroc, rappelle que cette coopération repose sur « une confiance mutuelle et des intérêts communs ».

Et il projette la suite : forte des avancées du dernier Conseil d’association, l’UE entend « poursuivre et approfondir ce partenariat», notamment via le nouveau pacte pour la Méditerranée et Global Gateway, afin de soutenir des projets « structurants » et porteurs « d’opportunités concrètes pour les citoyens ».

 2026 : infrastructures, eau, énergie et entreprises au cœur de la feuille de route

La BEI annonce vouloir poursuivre en 2026 son appui à des investissements structurants : modernisation des infrastructures, accès à l’eau, transition énergétique, développement territorial post-séisme et soutien aux entreprises. Une trajectoire qui, au-delà des montants, vise à consolider les fondamentaux économiques : sécurisation des services essentiels, réduction des vulnérabilités climatiques, et renforcement de la compétitivité.

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