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vendredi, mars 20, 2026
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Entre accords et refus, les alliances à gauche redessinent le second tour des municipales

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  • À quelques jours du second tour des élections municipales, la gauche se recompose à géométrie variable.
  • Malgré l’absence d’accord national entre le Parti socialiste et La France insoumise, les alliances locales se multiplient dans plusieurs grandes villes.
  • Mais à Paris, Marseille, Bordeaux ou Lille, les divisions persistent et pourraient peser lourd dans les résultats du 22 mars.

   Au lendemain du premier tour des municipales du 15 mars, marqué par une percée de La France insoumise dans plusieurs grandes villes et des scores solides du Rassemblement national, les négociations se sont engagées à marche forcée.

Dans de nombreuses communes, des configurations complexes — triangulaires, quadrangulaires, voire plus — ont poussé les forces de gauche à revoir leurs positions. Pourtant, le Parti socialiste avait exclu tout “accord national” avec LFI. Sur le terrain, la réalité électorale impose désormais des compromis.

Toulouse, Lyon, Strasbourg : des alliances pour faire barrage à la droite

Dans plusieurs grandes villes, les accords se sont concrétisés dès lundi. À Toulouse, les listes de La France insoumise et du bloc PS-Écologistes ont annoncé une “liste commune”, en position de défier le maire sortant de droite.

Même dynamique à Lyon, où la candidate insoumise s’est ralliée au maire écologiste sortant Grégory Doucet pour contrer Jean-Michel Aulas. Dans un communiqué, la liste d’union affirme : “Au-delà des appartenances, ce qui unit la gauche lyonnaise est plus fort que ce qui la sépare.”

À Strasbourg, la maire écologiste Jeanne Barseghian, arrivée troisième, a trouvé un accord avec LFI pour affronter Catherine Trautmann. À Besançon, Anne Vignot a également choisi de s’allier avec les insoumis pour “battre la droite”.

Des rapprochements similaires ont été confirmés à Brest, Clermont-Ferrand ou encore Tours. À Limoges, le PS s’efface derrière l’insoumis Damien Maudet, arrivé devant le candidat socialiste au premier tour.

Nantes illustre le virage pragmatique du PS

À Nantes, la maire sortante Johanna Rolland, pourtant proche d’une ligne anti-LFI, a finalement conclu un accord de fusion pour faire barrage à la droite. Invité du journal de 20 heures de France 2, Olivier Faure assume ce pragmatisme : “Je comprends parfaitement” les candidats socialistes qui s’allient avec LFI, notamment à Nantes, Toulouse ou Limoges.

Le premier secrétaire du PS maintient toutefois ses réserves : “Les mots de Jean-Luc Mélenchon abîment, divisent et affaiblissent la gauche”, tout en refusant d’amalgamer tous les candidats insoumis à ces prises de position.

Paris : refus d’alliance et duel tendu à gauche

Dans la capitale, aucun accord n’a été trouvé. Le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, largement en tête à gauche face à Rachida Dati, a rejeté toute alliance avec La France insoumise.

La candidate LFI Sophia Chikirou, pourtant au-dessus des 10 %, proposait une fusion. Face au refus, elle a confirmé son maintien : “J’avais annoncé que si je n’avais pas d’appel d’Emmanuel Grégoire, je déposerais ma liste à la préfecture. Voilà, c’est fait.”

De son côté, Emmanuel Grégoire a indiqué que sa liste pour le second tour a été déposée sans aucun changement. “J’ai dit maintes et maintes fois que je ne souhaitais pas faire alliance avec LFI. Je ne demande rien à Sophia Chikirou, elle fera ce qu’elle veut.”, confirme -t-il.

Marseille, Bordeaux, Lille : les refus qui divisent

À Marseille, le maire sortant Benoît Payan a lui aussi fermé la porte à toute alliance, dénonçant toute forme de “tambouille”.

Le candidat LFI Sébastien Delogu a vivement réagi, qualifiant cette position d’“irresponsable” et appelant à un “front antifasciste”. Même ligne à Bordeaux, où le maire écologiste Pierre Hurmic, arrivé en tête, a refusé toute fusion avec LFI.

À Lille, après de longues discussions, l’accord s’est finalement noué entre socialistes et écologistes, laissant de côté les insoumis. Ces derniers dénoncent une stratégie qui revient à “piétiner le vote populaire et monter à bord du Titanic socialiste”.

Pour rappel, les listes doivent être définitivement déposées avant mardi à 18 heures. Les candidats ayant dépassé les 10 % doivent choisir entre maintien, fusion ou retrait.

Dans plusieurs villes, la présence de plusieurs listes au second tour pourrait fragmenter les voix et redistribuer les cartes. À l’approche du scrutin du 22 mars, les stratégies locales pourraient ainsi avoir un impact décisif sur l’équilibre politique national.

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