- Dès l’ouverture de la campagne du second tour, le Parti socialiste hausse le ton.
- Lamia El Aaraje, porte-parole d’Emmanuel Grégoire, alerte sur une recomposition politique qu’elle juge préoccupante, pointant une convergence entre la droite et l’extrême droite autour de Rachida Dati.
« Nous alertons les Parisiennes et les Parisiens sur le fait que désormais, Rachida Dati porte la candidature de la droite et de l’extrême droite ». Le message est clair et frontal. Mercredi 18 mars sur ICI Paris Île-de-France, Lamia El Aaraje a pris la parole pour dénoncer ce qu’elle considère comme un basculement politique majeur à l’approche du second tour des municipales.
La porte-parole d’Emmanuel Grégoire vise notamment « l’extrême droite zemmouriste » et fustige des « manœuvres » qu’elle juge contraires à « l’esprit républicain ».
Au lendemain de la clôture des dépôts de listes, Rachida Dati apparaît comme la seule candidate de la droite. Cette situation résulte du retrait de Sarah Knafo (Reconquête !) et de la fusion avec la liste Horizons de Pierre-Yves Bournazel.
Un rassemblement salué par la candidate de droite, qui a qualifié sur CNews le retrait de Sarah Knafo de « décision responsable et en cohérence », évoquant un « geste fort ».
Mais côté socialiste, ces rapprochements sont vivement critiqués. Lamia El Aaraje affirme que Pierre-Yves Bournazel « a tellement honte de cette fusion dans laquelle il ne se reconnaît pas que lui-même et un certain nombre de ses colistiers refusent de figurer sur la liste ».
Le soutien de Jordan Bardella, symbole d’un basculement
La polémique a pris une nouvelle ampleur avec la déclaration de Jordan Bardella. Invité du 20 heures de TF1, le président du Rassemblement national a indiqué qu’il voterait « à titre personnel » pour Rachida Dati.
Pour le Parti socialiste, ce soutien vient confirmer leurs inquiétudes. Lamia El Aaraje y voit la preuve d’un rapprochement politique inédit et préoccupant. Elle dénonce une candidate « prête à tout brader, y compris l’esprit républicain, y compris ses valeurs, pour un plat de lentilles, en réalité pour ses ambitions personnelles ».
Une gauche divisée, malgré l’appel à l’unité
Dans ce contexte, la gauche peine à afficher un front uni. La candidate de La France insoumise, Sophia Chikirou, a décidé de se maintenir face à Emmanuel Grégoire. Un choix que regrette la porte-parole socialiste : La France insoumise n’a, selon elle, « pas fait une quelconque démonstration d’une volonté de travailler avec l’union de la gauche et des écologistes ».
Elle rappelle également que Sophia Chikirou « a martelé tout au long de sa campagne » son objectif qu’« il n’y ait plus de maire socialiste à Paris ».
Emmanuel Grégoire revendique une ligne claire
Face aux critiques, Emmanuel Grégoire assume son refus d’alliance avec LFI. Son équipe évoque le refus de « tomber dans des tambouilles d’appareils que personne ne comprendrait » et de « faire semblant d’occulter un certain nombre de divergences ».
« Emmanuel Grégoire est le seul à avoir pris un engagement devant les électeurs, à avoir proposé une offre politique devant les électeurs et à s’y tenir », insiste Lamia El Aaraje
Elle met en avant « la constance et la cohérence » comme boussole politique dans cette campagne tendue.
Enfin, la porte-parole socialiste s’adresse directement aux électeurs de La France insoumise : « Vous avez la possibilité d’avoir un maire de gauche à Paris dimanche soir ». Elle souligne qu’Emmanuel Grégoire est arrivé « très largement en tête le soir du premier tour », avec « plus de douze points devant Rachida Dati et très loin devant les autres candidats ».
Dans une campagne marquée par les recompositions et les tensions, le Parti socialiste tente ainsi d’imposer son récit et de mobiliser l’électorat de gauche avant un second tour décisif.
