En juin 2024, l’inflation en zone euro a légèrement ralenti, atteignant 2,5% sur un an contre 2,6% en mai, selon les chiffres publiés ce mardi par Eurostat. Cette diminution, bien que modeste, ramène l’inflation plus près de l’objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE). Une nouvelle plutôt bien accueillie par les marchés et les analystes.
Les analystes de Factset et Bloomberg avaient prévu ce recul de 0,1 point en juin, après une hausse de 0,2 point en mai. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l’énergie et de l’alimentation, est restée stable à 2,9% sur un mois, alors que le consensus des analystes anticipait une légère baisse à 2,8%.
Le léger tassement de l’inflation en juin s’explique par un ralentissement de la hausse des prix alimentaires (y compris alcool et tabac) et de l’énergie. Les prix alimentaires ont augmenté de 2,5% sur un an, et ceux de l’énergie de 0,2%. En revanche, les prix des services et des biens industriels sont restés stables par rapport à mai, à respectivement 4,1% et 0,7% sur un an.
La politique monétaire de la BCE
Depuis le pic de 10,6% en octobre 2022, lorsque les prix de l’énergie s’étaient envolés en raison de la guerre en Ukraine, l’inflation a été divisée par quatre. Cela a permis à la BCE de commencer à assouplir légèrement sa politique monétaire début juin 2024, après une série de hausses des taux directeurs sans précédent depuis juillet 2022. Le 6 juin, la BCE a baissé ses taux, offrant une bouffée d’air frais pour le crédit immobilier et les prêts aux entreprises. Le taux sur les dépôts, qui avait atteint 4% en septembre dernier, a été ramené à 3,75%.
Une vigilance de rigueur
Christine Lagarde, présidente de la BCE, a souligné lors du forum annuel de la BCE à Sintra, au Portugal, que le retour à une inflation de 2% n’était pas encore acquis. « Notre travail n’est pas terminé et nous devons rester vigilants », a-t-elle déclaré, pointant les incertitudes liées à l’évolution des profits, des salaires et de la productivité, ainsi qu’à la possibilité de nouveaux chocs économiques.
La Commission européenne prévoit une croissance économique modérée de 0,8% pour l’ensemble de 2024, puis de 1,4% en 2025 dans la zone euro. Malgré ce contexte économique morose, le taux de chômage en zone euro a atteint son plus bas niveau historique à 6,4%, stable par rapport à l’année précédente. En France, le taux de chômage s’établit à 7,4%, contre 3,3% en Allemagne. Les taux les plus faibles sont enregistrés en République tchèque (2,7%) et en Pologne (3%), tandis que l’Espagne (11,7%) et la Grèce (10,6%) affichent les taux les plus élevés.
Inégalités et pouvoir d’achat
Le ralentissement de l’inflation n’a pas suffi à soulager totalement les ménages européens. Les dépenses contraintes (logement, alimentation, électricité) représentent en moyenne plus d’un tiers des revenus mensuels nets. Environ 22% des Français déclarent être à découvert chaque mois. Bien que les salaires aient augmenté de 4,7% au premier trimestre 2024 par rapport à l’année précédente, cette hausse ne compense pas les disparités économiques. Près d’un travailleur sur cinq est aujourd’hui payé au SMIC, ce qui alimente un sentiment de déclassement.
Si la légère baisse de l’inflation en juin est une bonne nouvelle, elle n’élimine pas les incertitudes économiques et les défis persistants liés au pouvoir d’achat. La BCE devra continuer à surveiller de près l’évolution de l’inflation et adapter sa politique en conséquence pour stabiliser l’économie et soutenir une croissance durable.
