• En visite à Alger, le sous-secrétaire d’État américain Christopher Landau a enchaîné des entretiens avec les ministres de l’Énergie et des Mines.
• Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération dans les hydrocarbures, les minerais stratégiques et les investissements, dans un contexte de diversification du partenariat algéro-américain.
Christopher Landau a entamé sa visite officielle en Algérie par une séquence dense consacrée au secteur énergétique, pilier historique des relations entre les deux pays. Reçu par Mohamed Arkab, ministre d’État chargé des Hydrocarbures, en présence du PDG de Sonatrach, Noureddine Daoud, le responsable américain a passé en revue les perspectives de coopération bilatérale.
Le communiqué du ministère évoque « l’état des relations de coopération bilatérales algéro-américaines et les perspectives de leur renforcement, notamment dans les domaines des hydrocarbures ». Derrière cette formulation convenue, se dessine une intensification des échanges avec les grandes compagnies américaines.
Les discussions engagées avec ExxonMobil et Chevron portent sur plusieurs projets à forte intensité capitalistique : exploration des bassins de l’Ahnet et de Berkine pour la première, évaluation du potentiel offshore méditerranéen pour la seconde, dans le cadre d’un accord signé en janvier 2025.
Mohamed Arkab a, à cette occasion, plaidé pour un élargissement du périmètre de coopération, appelant à « inclure l’industrie manufacturière, les nouvelles technologies, notamment celles liées à la réduction des émissions, ainsi que la recherche et le développement, l’innovation et l’échange d’expertises ».
Un environnement d’investissement mis en avant
De son côté, Alger cherche à renforcer son attractivité auprès des investisseurs étrangers. Le ministre a ainsi détaillé une stratégie sectorielle articulée autour de l’intensification de l’exploration, de la montée en puissance des capacités de production et du développement des filières pétrochimiques.
Il a insisté sur « un environnement d’investissement attractif reposant sur un cadre juridique incitatif, des procédures simplifiées et un accompagnement continu des investisseurs ».
Un discours relayé par Christopher Landau, qui s’est déclaré « satisfait du niveau des relations distinguées entre l’Algérie et les États-Unis ». Le diplomate a également salué « le climat des affaires positif qu’offre l’Algérie » et confirmé « l’intérêt des entreprises américaines à renforcer leur présence et leurs investissements à travers des partenariats à long terme ».
Mines : l’enjeu croissant des ressources critiques
La seconde séquence de la visite s’est tenue au ministère des Mines, où Christopher Landau s’est entretenu avec Mourad Hanifi, en présence de la secrétaire d’État Karima Bekir Tafer.
Au cœur des échanges : « les opportunités d’investissement et de partenariat (…) au niveau des différents maillons de la chaîne de valeur du secteur minier », avec un accent particulier sur les ressources dites critiques.
Lithium, cobalt, manganèse ou encore terres rares s’imposent comme des actifs stratégiques dans les chaînes de valeur des technologies bas carbone. Dans ce contexte, Mourad Hanifi a invité les groupes américains « à saisir les opportunités disponibles et à contribuer au développement du secteur minier en Algérie ».
Les autorités algériennes misent notamment sur le renforcement des coopérations avec Sonarem, bras armé public du secteur, afin de structurer une filière minière intégrée.
Pour rappel, cette visite intervient également dans un contexte de diversification progressive des relations économiques entre Alger et Washington. Elle coïncide avec le lancement de la deuxième phase du projet Baladna, une ferme bovine géante dont le coût dépasse 635 millions de dollars.
Le projet prévoit l’importation de 30 000 vaches américaines à partir de novembre 2026, illustrant l’élargissement du partenariat à des secteurs non énergétiques, en particulier l’agro-industrie.
