- La tension à la frontière entre Israël et le Liban atteint son paroxysme, alors que Tsahal intensifie ses frappes sur Beyrouth, provoquant des pertes humaines et un exode massif.
Après plusieurs jours d’intensification des combats, la situation à la frontière entre Israël et le Liban continue de s’aggraver. Tsahal a mené de nouvelles frappes massives contre des positions du Hezbollah, tandis que la communauté internationale exprime son inquiétude grandissante face à la montée des tensions.
Tsahal intensifie ses frappes au Liban
Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’armée israélienne a frappé le sud de Beyrouth, un des fiefs du Hezbollah, lors de ce qui est considéré comme l’un des raids aériens les plus violents depuis le 23 septembre. Tsahal a également ciblé la principale route reliant le Liban à la Syrie, une voie stratégique pour les échanges entre ces deux pays.
Les incursions israéliennes se multiplient après trois jours de confrontations terrestres contre le Hezbollah. L’armée israélienne a d’ailleurs demandé l’évacuation immédiate des habitants de plus de 20 villes du sud du Liban. Dans un message publié sur X, le porte-parole de Tsahal, Avichay Adraee, a averti que « toute personne se trouvant à proximité d’éléments, d’installations et d’équipements de combat du Hezbollah met sa vie en danger », ajoutant que « toute maison utilisée par le Hezbollah pour ses besoins militaires est susceptible d’être prise pour cible ». Ce message fait suite à une précédente injonction d’évacuation de 25 localités dans la même région.
Plus d’un million de déplacés au Liban
Depuis l’intensification des frappes israéliennes, les conséquences humanitaires sont désastreuses. Plus de 1 000 personnes ont trouvé la mort et plus de 1,2 million ont été déplacées à travers le Liban. La situation des civils est d’autant plus critique que la plupart des abris sont désormais pleins. « La majorité des 900 abris collectifs établis par le gouvernement au Liban n’ont plus de capacité », a déclaré Rula Amin, porte-parole du HCR, lors d’une conférence de presse à Genève. « Avec l’arrivée de l’hiver, le HCR craint que les conditions pour les personnes affectées par l’escalade du conflit ne fassent qu’empirer. »
Face à cette situation, l’ONU tente d’intensifier ses efforts pour soutenir les personnes déplacées, mais les capacités d’accueil et les ressources s’épuisent rapidement, laissant de nombreuses familles sans refuge.
Israël cible des leaders du Hezbollah
Alors que les affrontements s’intensifient, Tsahal affirme avoir éliminé un des cadres importants du Hezbollah. Ce vendredi, l’armée israélienne a annoncé avoir tué Mohammad Rashid Sakafi, chef des communications de la milice pro-iranienne, lors d’une frappe ciblée dans la région de Beyrouth jeudi. Selon l’armée israélienne, Sakafi occupait ce poste stratégique depuis l’an 2000 et était chargé de développer les systèmes de communication entre les unités du Hezbollah. Son élimination représente un coup dur pour la milice chiite, bien que le Hezbollah n’ait pas encore officiellement confirmé cette perte.
L’Iran maintient son soutien au Hezbollah
L’Iran, allié majeur du Hezbollah, continue de soutenir ouvertement le groupe libanais face aux frappes israéliennes. Ce vendredi, lors de son prêche hebdomadaire, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré que les forces alliées à l’Iran ne « reculeront pas » face à Israël, tout en qualifiant les frappes iraniennes contre le territoire israélien de « légitimes ».
Le guide suprême, qui n’avait pas dirigé la prière du vendredi depuis 2020, est allé plus loin dans son discours, affirmant que l’État hébreu « n’en a plus pour longtemps » et que le combat du Hezbollah rendait un « service vital à toute la région ». Ali Khamenei a également justifié l’attaque du 7 octobre dernier menée par le Hamas contre Israël, qualifiant cette action de « légitime ».
Inquiétudes grandissantes
Face à l’aggravation des hostilités, la communauté internationale se montre de plus en plus préoccupée. Jeudi soir, les membres du G7 ont exprimé dans un communiqué leur « profonde inquiétude face à la détérioration de la situation au Moyen-Orient ». Plus tôt dans la journée, le président américain Joe Biden s’était montré évasif sur la question des ripostes israéliennes aux frappes iraniennes survenues mardi.
De son côté, le Conseil de sécurité de l’ONU a exprimé son soutien à Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, après que ce dernier a été déclaré « persona non grata » par Israël. Cette décision israélienne fait suite aux critiques émises à l’encontre de Guterres pour ne pas avoir immédiatement condamné les frappes iraniennes. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont réaffirmé que « toute décision qui n’implique pas le secrétaire général de l’ONU ou les Nations Unies est contreproductive ».
Alors que les frappes israéliennes se poursuivent et que le Hezbollah riposte, la situation au Proche-Orient continue de se détériorer, entraînant une crise humanitaire majeure au Liban.
