Ce mercredi 27 novembre, le Parlement européen, réuni à Strasbourg, a donné son feu vert à la nouvelle équipe de la Commission européenne. Forte de 370 voix en sa faveur, contre 282 et 36 abstentions, l’équipe menée par Ursula von der Leyen entamera son mandat début décembre. À l’aube de ce second mandat pour la présidente allemande, l’Europe fait face à des turbulences économiques et géopolitiques qui imposent une action rapide et coordonnée.
« L’Europe n’a pas de temps à perdre« , a prévenu Ursula von der Leyen devant les eurodéputés, plaçant la compétitivité économique au cœur des priorités de son mandat. « Notre liberté et notre souveraineté dépendent plus que jamais de notre puissance économique », a-t-elle insisté. Une déclaration qui résonne alors que les États-Unis et la Chine continuent d’imposer leur domination sur la scène mondiale.
Compétitivité et défense
Sur le plan militaire, Ursula von der Leyen a lancé un avertissement : l’Europe doit se préparer à un éventuel désengagement américain en Ukraine avec l’entrée en fonction de Donald Trump, début 2025. « Nous devons faire davantage pour rivaliser avec les dépenses militaires russes », a-t-elle ajouté, soulignant la nécessité pour l’Union de renforcer son autonomie stratégique en matière de défense.
Ce second mandat s’annonce donc sous le signe du pragmatisme : entre le renforcement des capacités économiques, la transition écologique et les défis de sécurité, Bruxelles cherche à dessiner une Europe forte et indépendante.
Une équipe renouvelée pour répondre aux défis
Parmi les nouveaux visages de la Commission européenne, certains choix illustrent une volonté d’équilibre politique et géographique. L’Estonienne Kaja Kallas, ancienne Première ministre, prend les rênes de la diplomatie européenne, tandis que le Français Stéphane Séjourné, issu du centre, obtient une vice-présidence stratégique axée sur l’industrie.
De son côté, l’Espagnole Teresa Ribera, socialiste, sera chargée de la Transition écologique et de la concurrence. « Le mandat qui s’ouvre sera déterminant. Il en va de la capacité de l’Europe à maîtriser son destin », a déclaré Stéphane Séjourné sur les réseaux sociaux, exprimant également sa gratitude envers les parlementaires pour leur confiance.
Une Commission à droite, mais ouverte
Sur les 27 membres de la nouvelle Commission, 15 portefeuilles reviennent au Parti Populaire Européen (PPE), première force politique au Parlement. Une orientation assumée, saluée par Manfred Weber, chef du PPE, qui a qualifié l’équipe de « très équilibrée ».
La composition de l’exécutif européen laisse entrevoir une possible majorité parlementaire élargie, allant de la droite conservatrice (ECR) à certains élus écologistes. Un positionnement qui pourrait faciliter les grandes réformes à venir, mais qui risque aussi de susciter des débats houleux au sein de l’hémicycle.
Un mandat sous le signe de l’urgence
Avec des défis tels que la course à la transition écologique, la compétition économique mondiale et les tensions géopolitiques croissantes, ce nouveau mandat représente une épreuve cruciale pour l’Union européenne. Ursula von der Leyen et son équipe devront prouver leur capacité à bâtir une Europe résiliente et unie, tout en répondant aux attentes de plus de 400 millions de citoyens européens.
