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François Bayrou : « Aucune influence du Rassemblement national sur mon gouvernement »

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  • Invité exceptionnel de BFMTV ce lundi 23 décembre, François Bayrou, Premier ministre, a répondu aux critiques sur la composition de son gouvernement.
  • Il a également détaillé les priorités de son mandat, notamment le budget 2025, la réforme des retraites et la gestion de l’immigration.

François Bayrou a tenu à réfuter catégoriquement toute « influence » du Rassemblement national (RN) dans la formation de son équipe ministérielle. Cette mise au point intervient après les déclarations de Xavier Bertrand, qui a refusé de rejoindre le gouvernement, accusant une proximité avec le parti de Marine Le Pen.

« D’abord, il n’est pas vrai que quelque influence que ce soit se soit exercée sur moi« , a affirmé le Premier ministre sur BFMTV. Il a également précisé que la proposition de Xavier Bertrand pour le ministère de la Justice ne correspondait pas à sa vision. « Xavier Bertrand proposait une démarche que j’ai trouvée violente au ministère de la Justice« , a-t-il expliqué, ajoutant que pour lui, « le ministère de la Justice, c’est un ministère de pacification et d’équité« .

C’est finalement Gérald Darmanin qui a été nommé Garde des sceaux, une décision que Bayrou a défendue en évoquant l’importance d’un équilibre dans les choix gouvernementaux.

Un budget 2025 : une tâche qui s’annonce ardue

La France entre dans une période cruciale : à ce jour, le pays ne dispose pas encore d’un budget pour l’année 2025. Les ministres Éric Lombard et Laurent Saint-Martin ont été désignés pour piloter le projet de loi de finances (PLF), mais la tâche s’annonce ardue.

François Bayrou a exprimé son souhait de limiter les charges fiscales supplémentaires, insistant sur la nécessité de maîtriser les dépenses publiques. « Il faut d’abord qu’on travaille sur la dépense publique« , a-t-il déclaré. Concernant l’objectif de déficit public, il a proposé un retour « autour de 5% ou un peu plus » en 2025, dans la continuité de la cible fixée par son prédécesseur, Michel Barnier.

Alors que le précédent gouvernement a été censuré sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), Bayrou s’attend à des débats intenses au Parlement. « Je n’utiliserais le 49.3 qu’à la dernière extrémité sur le budget« , a-t-il assuré, ouvrant la voie à d’éventuels blocages si le Nouveau Front populaire (NFP) et le RN votent contre.

Pas de suspension de la réforme des retraites

Face aux demandes répétées de la gauche de suspendre ou geler la réforme des retraites de 2023, François Bayrou a été catégorique. « Non, je ne ferai pas ça. Dans quel monde vivent-ils ? », a-t-il lancé, évoquant les conséquences économiques d’une telle décision. « Est-ce qu’ils savent que la France est observée, scrutée parce qu’on appelle les agences de notation, et si leurs notes ne sont pas bonnes, alors les taux d’intérêts explosent ? »

Le Premier ministre s’est toutefois montré ouvert à certains ajustements, se disant « prêt » à ramener le délai de discussion sur cette réforme de neuf à six mois. « Il y a tous les compromis possibles. S’il existe, je suis prêt« , a-t-il ajouté.

Immigration : « Priorité à l’exécution »

Sur le sujet de l’immigration, François Bayrou a rejeté l’idée d’une nouvelle « grande loi » destinée à la communication. « Priorité à l’exécution et à l’application des mesures qui ont été votées« , a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « Prenons les problèmes un par un, y compris par des propositions de loi des assemblées. »

Le Premier ministre a également évoqué la nécessité d’une « mise en tension avec les pays qui refusent » de réadmettre leurs ressortissants sous obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Une méthode pour durer

François Bayrou se dit confiant quant à sa capacité à maintenir la stabilité de son gouvernement malgré les tensions politiques. « Je suis persuadé que l’action que je définis devant vous et l’équipe gouvernementale feront que nous ne serons pas censurés », a-t-il déclaré.

Il a aussi précisé qu’il ne chercherait pas l’affrontement avec le président Emmanuel Macron. « Je ne me laisserai pas entraîner dans le petit jeu de l’affrontement, ce serait stérile », a-t-il assuré, malgré les dissensions observées au cours de sa première semaine à Matignon.

Sur ses débuts face au Parlement, Bayrou a annoncé qu’il ne solliciterait pas de vote de confiance, une consultation facultative pour le Premier ministre. Il a néanmoins anticipé une motion de censure déposée par les oppositions, qu’il s’est engagé à « respecter dans leur statut ».

Enfin, François Bayrou a réitéré sa position face au RN, qualifiant Marine Le Pen « d’extrême droite politiquement« .

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