- Trois semaines après le passage dévastateur du cyclone Chido, Marine Le Pen a entamé une visite de deux jours à Mayotte.
- Elle y critique vivement le plan de reconstruction gouvernemental, jugé insuffisant pour répondre aux défis multiples de l’archipel.
L’ancienne candidate à la présidentielle et cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a entamé dimanche 5 janvier une visite de deux jours à Mayotte, trois semaines après le passage du cyclone Chido. Une opportunité pour elle de dénoncer le plan gouvernemental « Mayotte debout », qu’elle juge insuffisant.
Un plan de reconstruction critiqué
« Le plan « Mayotte debout » ne va pas assez loin parce que je pense qu’il manque un volet important, un volet diplomatique, sans lequel beaucoup des choses qui sont promises ne seront pas tenues », a affirmé Marine Le Pen dès sa descente de l’avion de la sécurité civile à l’aéroport de Dzaoudzi. Selon elle, la pression migratoire provenant des Comores voisines est un obstacle majeur à la reconstruction.
« Sans régler le problème de l’immigration clandestine, rien ne sera utile », a-t-elle ajouté, en référence à la forte présence de migrants irréguliers sur le territoire. Elle a promis de proposer des amendements au projet de loi d’urgence pour Mayotte, prévu pour présentation en Conseil des ministres mercredi.

Un département en crise
Lors de son discours, Marine Le Pen a également souligné les difficultés persistantes des Mahorais : « Il y a encore la moitié de la population sans électricité, et beaucoup n’ont ni eau ni nourriture », a-t-elle déploré. Cependant, le ministère de l’Intérieur a assuré samedi que « 100 % de la population est raccordée à l’eau courante » et que « 69,7 % de la population générale est alimentée en électricité, malgré des disparités importantes entre les communes ».
Marine Le Pen a précisé que son objectif principal était d’écouter les Mahorais et de se faire leur « porte-parole ». « On est encore confronté à l’urgence. Il y a encore de la souffrance à Mayotte », a-t-elle affirmé.
Dans une tribune publiée le jour de la visite de Marine Le Pen, le ministre d’État chargé des Outre-mer, Manuel Valls, accompagné de ses collègues de l’Intérieur Bruno Retailleau et des Armées Sébastien Lecornu, a promis des mesures de fermeté contre l’immigration irrégulière. Parmi elles, un recensement précis de la population et un possible retour sur le droit du sol à Mayotte, déjà restreint dans ce département.
La visite de Marine Le Pen à Mayotte met en lumière les défis complexes auxquels l’archipel fait face : reconstruction après une catastrophe naturelle, gestion de l’immigration et crise sociale persistante. « Que des élus de cette envergure nationale pensent à nous en ces temps troublés, c’est important », a estimé Fatihou Ibrahime, président du collectif des citoyens de Mayotte.
