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mardi, avril 14, 2026
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Diesel, kérosène : le gouvernement pousse les raffineries françaises à produire davantage

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  • Face aux tensions énergétiques provoquées par la crise au Moyen-Orient, le gouvernement a demandé aux raffineries françaises d’étudier rapidement toute hausse possible de leur production, en particulier sur le diesel et le carburéacteur.
  • L’exécutif promet un traitement accéléré des dossiers, tout en reconnaissant que ces volumes supplémentaires ne compenseront pas les capacités de raffinage perdues à l’international.

   Dans un contexte marqué par la crise au Moyen-Orient et les incertitudes autour du détroit d’Ormuz, le gouvernement français accélère sa stratégie pour sécuriser l’approvisionnement énergétique. L’objectif est clair : éviter toute rupture sur les produits les plus sensibles, en particulier le diesel et le carburéacteur.

 Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ainsi engagé des discussions avec les acteurs du raffinage pour maximiser les capacités de production sur le territoire national. Sur X, il a assuré que « le gouvernement est mobilisé » avec « les acteurs économiques pour organiser la solidarité entre les filières et aider les entreprises les plus fragiles à passer ce cap, notamment en soutenant leur trésorerie ».

Une forte dépendance au diesel importé

Cette mobilisation intervient dans un contexte de dépendance structurelle de la France aux importations de diesel. « Avant le début de la guerre, nous importions 50% de notre diesel, notamment du Moyen-Orient », rappelle-t-on du côté de Bercy.

Pour autant, le ministère tempère les attentes autour d’un sursaut de production nationale : « Mais ça ne signifie pas qu’il faudrait doubler notre production nationale pour obtenir un impact sur les prix. »

Selon les autorités, « la maximisation des capacités des outils de raffinage est clé ». Le gouvernement a donc demandé à l’ensemble des raffineries d’étudier toutes les pistes pour augmenter leur production, dans le respect des normes environnementales, et en ciblant prioritairement le diesel et le kérosène.

Des capacités limitées malgré l’effort demandé

Malgré cette mobilisation, les marges de progression restent contraintes. « C’est l’exploitant qui indique lui-même de combien il estime possible d’augmenter sa capacité », précise-t-on au sein de l’exécutif.

Certaines raffineries fonctionnent déjà à un niveau élevé, d’autant que le raffinage de diesel est actuellement particulièrement rentable. Dans ce contexte, les hausses de production attendues devraient rester modérées.

Bercy le reconnaît que les acteurs français « ne pourront pas remplacer les capacités de raffinages auxquelles nous n’avons plus accès ». Une limite structurelle qui réduit l’impact potentiel de la stratégie nationale.

Un dispositif accéléré pour répondre à l’urgence

Pour aller vite, le gouvernement a mis en place une procédure simplifiée. Les raffineurs volontaires peuvent déposer des dossiers auprès des préfectures afin de proposer des augmentations de production. L’exécutif promet un traitement rapide, avec un délai d’environ 72 heures.

La raffinerie de Gravenchon, en Normandie, deuxième plus importante de France, s’est déjà positionnée en déposant un premier dossier. Son propriétaire, North Atlantic, envisage d’augmenter sa production de carburéacteur de 0,1 million de tonnes par an.

L’exécutif espère désormais que d’autres sites suivront, afin de structurer un effort collectif à l’échelle nationale. La France compte actuellement six raffineries.

Des mesures d’ajustement à court terme

Parmi les leviers envisagés, certains industriels pourraient reporter des opérations de maintenance pour prolonger temporairement l’activité des installations. Ces ajustements se feront au cas par cas, en fonction des contraintes techniques propres à chaque site.

Toutefois, le gouvernement reste lucide : ces mesures ne permettront pas de compenser les pertes de capacités de raffinage à l’échelle internationale. Elles visent avant tout à atténuer les tensions sur les marchés européens en injectant des volumes supplémentaires à court terme.

Une stratégie pour contenir les tensions sur les prix

En augmentant, même marginalement, la production de diesel et de carburéacteur, l’exécutif espère limiter les risques de pénuries et contenir la hausse des prix de l’énergie.

Dans un environnement géopolitique incertain, cette stratégie apparaît comme une réponse pragmatique pour renforcer la résilience énergétique de la France, sans prétendre résoudre les déséquilibres structurels du marché.

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