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2024 : l’année la plus chaude jamais enregistrée selon Copernicus

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  • Le seuil symbolique de +1,5 °C de réchauffement global a été franchi en 2024, marquant une étape critique dans la crise climatique mondiale.
  • L’année la plus chaude jamais enregistrée illustre l’urgence de mesures concrètes pour éviter des conséquences irréversibles.

L’année 2024 est la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Le constat, publié ce vendredi 10 janvier par l’observatoire européen Copernicus, marque un tournant historique dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pour la première fois, la température moyenne mondiale a franchi le seuil symbolique de +1,5 °C de réchauffement par rapport à l’époque préindustrielle (1850-1900).

Un signal d’alerte sans précédent

Selon le rapport « Faits marquants sur le climat mondial en 2024 », publié par Copernicus, la température moyenne de la planète a atteint 15,10 °C l’année dernière, soit 1,60 °C de plus que la moyenne enregistrée entre 1850 et 1900. « Chaque année de la dernière décennie fait partie des dix années les plus chaudes jamais observées », a rappelé Samantha Burgess, directrice adjointe du service changement climatique (C3S) de Copernicus. « Nous sommes à un tournant critique », ajoute-t-elle.

Des prévisions sombres

Cette annonce fait écho aux alertes lancées en novembre dernier par les scientifiques du Global Carbon Project, qui estimaient à 50 % la probabilité de franchir ce seuil. « Sauf miracle, il est peu probable que l’on parvienne à contenir le réchauffement en dessous de +1,5 °C dans les années à venir », déclare Robert Vautard, climatologue et membre du GIEC. Pour rester sous ce seuil, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devraient diminuer de 43 % d’ici 2030, mais les engagements actuels des États ne prévoient qu’une baisse de 2,6 % dans les cinq prochaines années.

Le rôle des nuages dans l’accélération du réchauffement

Une étude parue en décembre 2024 dans la revue Science pointe du doigt un facteur aggravant : le déclin des nuages bas. Ces formations, situées à moins de 2 000 mètres d’altitude, jouent un rôle essentiel en renvoyant une partie de la lumière solaire. Leur raréfaction aurait contribué à hauteur de 0,2 °C au réchauffement observé en 2023. Les scientifiques avertissent que cette tendance pourrait se poursuivre, compliquant davantage les efforts pour contenir le réchauffement.

 L’Accord de Paris « bientôt mort ».

En octobre dernier, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) soulignait que l’objectif de l’Accord de Paris de maintenir le réchauffement sous les 1,5 °C était « bientôt mort ». Aujourd’hui, l’enjeu est de limiter la hausse des températures sous la barre des +2 °C. Mais les projections actuelles prévoient un réchauffement de +3,1 °C d’ici la fin du siècle si les politiques actuelles persistent. « Le passage d’un sommet ne renseigne pas sur l’altitude moyenne de la randonnée », nuance Christophe Cassou, climatologue au CNRS, appelant à interpréter ces données avec prudence.

Des conséquences déjà tangibles

Sécheresses, canicules, pluies torrentielles… Les effets du réchauffement sont déjà visibles, avec des coûts humains et économiques colossaux. L’ONU prévient que ces phénomènes ne feront que s’aggraver si des mesures drastiques ne sont pas prises immédiatement. Le monde, face à un dilemme historique, doit réagir rapidement pour éviter un futur marqué par des bouleversements climatiques irréversibles.

La volonté politique sera-t-elle à la hauteur de l’urgence ? Le temps presse.

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