- Ce lundi 13 janvier, le président nouvellement élu, Joseph Aoun, a entamé des consultations parlementaires pour désigner un Premier ministre chargé de former un gouvernement.
- Cette démarche intervient après plus de deux ans de vacance présidentielle et dans un contexte de crise économique et politique qui frappe durement le pays.
Le Liban entre dans une nouvelle phase politique cruciale. L’élection de Joseph Aoun à la présidence du Liban a été marquée par des pressions diplomatiques importantes, en particulier de la part des États-Unis et de l’Arabie saoudite, qui ont plaidé pour une issue rapide. Depuis octobre 2022, le pays n’avait plus de président, et la vacance au sommet de l’État a aggravé une situation déjà délicate. La crise économique, marquée par une inflation galopante et une dévaluation de la livre libanaise, n’a cessé de se détériorer. Parallèlement, la guerre entre Israël et le Hezbollah, qui a duré plus d’un an, a contribué à l’instabilité généralisée.
Des consultations cruciales pour l’avenir du Liban
Conformément à la constitution libanaise, ces consultations sont un impératif pour la désignation du Premier ministre. En effet, selon le système politique confessionnel du Liban, le poste de Premier ministre est réservé à un musulman sunnite. L’issue de ces discussions est donc décisive pour la stabilité du pays. Les premières rencontres ont débuté par un entretien entre Joseph Aoun et Elias Abu Saab, vice-président du Parlement, comme l’a rapporté l’agence de presse officielle ANI.
Les noms en lice pour le poste de Premier ministre
Plusieurs figures politiques sont évoquées pour occuper ce poste clé. Najib Mikati, actuel Premier ministre intérimaire, figure parmi les candidats. Mais c’est surtout le nom de Nawaf Salam, juge à la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye, qui suscite l’attention. En parallèle, Fouad Makhzoumi, un homme d’affaires libanais aux liens solides avec les pays du Golfe et les États-Unis, avait également été cité. Cependant, Makhzoumi a annoncé lundi son retrait, appelant à un consensus autour de Nawaf Salam, qu’il considère comme un choix capable de symboliser le changement.
Le rôle central de l’Arabie saoudite et des États-Unis
L’Arabie saoudite et les États-Unis ont joué un rôle majeur dans les efforts diplomatiques pour sortir le Liban de la vacance présidentielle. Après plusieurs années d’éloignement de la scène politique libanaise, l’Arabie saoudite, hostile à l’influence croissante du Hezbollah, a de nouveau intensifié ses pressions pour une solution rapide. Washington, pour sa part, a soutenu l’idée d’une transition rapide et a appelé à des réformes structurelles urgentes pour redresser l’économie du pays.
Des défis colossaux pour le futur Premier ministre
Quel que soit le nom du prochain Premier ministre, il devra faire face à des défis de taille. Le Liban, déjà en proie à une grave crise économique, attend des réformes immédiates pour satisfaire les exigences des donateurs internationaux. Ces réformes devront notamment répondre aux conditions du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. En parallèle, le pays devra reconstruire des zones dévastées par la guerre entre Israël et le Hezbollah, tout en appliquant l’accord de cessez-le-feu signé fin novembre 2023, qui prévoit le retrait du Hezbollah des zones frontalières avec Israël.
Les opposants au Hezbollah, dont le groupe des Forces libanaises (FL), estiment que Najib Mikati représente un système politique défaillant et sous influence de la milice chiite. Ces groupes ont intensifié leurs efforts pour rallier les voix derrière Nawaf Salam, qu’ils considèrent comme un homme de consensus et de renouveau. Samir Geagea, le chef des FL, a d’ailleurs estimé que Mikati faisait partie d’un « lot précédent », et que le pays avait besoin d’un changement radical.
Les consultations menées par Joseph Aoun marquent une étape importante dans la réconciliation politique du Liban, mais les défis restent immenses. Le prochain Premier ministre devra non seulement restaurer la stabilité politique, mais aussi répondre aux exigences économiques urgentes du pays. Les mois à venir seront décisifs pour le Liban, qui espère encore pouvoir sortir de la crise qui le frappe depuis trop longtemps.
