- Le gouvernement britannique a récemment dévoilé un plan ambitieux pour faire du Royaume-Uni le leader mondial de l’intelligence artificielle (IA).
- Cette initiative, qui repose sur 50 propositions concrètes, prévoit la création de « zones de croissance de l’IA », des zones dédiées au développement d’infrastructures et de centres de données (data centers).
- L’objectif : libérer le potentiel de cette technologie pour transformer l’économie britannique
L’un des points forts du plan est la mise en place de « zones de croissance de l’IA », des zones géographiques où des infrastructures de haute technologie, telles que des data centers, seront construites à un rythme accéléré. Pour ce faire, le gouvernement prévoit de délivrer des permis de construire de manière simplifiée, afin de faciliter l’implantation de ces centres vitaux pour le traitement des données.
Dans un communiqué, le Premier ministre Keir Starmer a souligné que ce plan permettrait au Royaume-Uni de se positionner comme le « leader mondial » de l’IA. Selon lui, cette technologie pourrait transformer des secteurs clés comme la santé, l’éducation ou encore les services publics. « L’industrie de l’IA a besoin d’un gouvernement qui soit à ses côtés, prêt à saisir les opportunités qui se présentent », a-t-il ajouté.
Attirer les investissements et créer des emplois
Le plan ne se limite pas à la construction d’infrastructures. Il vise également à attirer des entreprises et des investissements dans le secteur de l’IA. Trois géants de la technologie – Vantage Data Centres, Kyndryl et Nscale – ont d’ores et déjà annoncé un investissement de 14 milliards de livres (environ 17 milliards d’euros) au Royaume-Uni. Ces investissements devraient notamment permettre de développer des centres de stockage de données et de créer près de 13 000 emplois dans le pays.
La première « zone de croissance de l’IA » sera implantée à Culham, près de l’Université d’Oxford, dans le sud-est de l’Angleterre. Ce projet marque le début d’une transformation technologique majeure, avec des retombées économiques et sociales attendues dans les années à venir.
Un superordinateur pour booster la capacité de calcul
Dans le cadre de cette initiative, le gouvernement britannique a également annoncé son intention de multiplier par vingt la capacité de calcul du pays d’ici 2030. Cela inclut la création d’un nouveau superordinateur, indispensable pour traiter les énormes volumes de données nécessaires au développement de l’IA. Cette infrastructure de pointe viendra compléter les investissements dans les data centers, renforçant ainsi la position du Royaume-Uni dans la course mondiale à l’IA.
Un changement d’approche face aux défis de l’IA
Ce plan marque un tournant dans la politique britannique vis-à-vis de l’intelligence artificielle. Contrairement à l’approche des précédents gouvernements conservateurs, qui ont mis l’accent sur les risques et les dangers de l’IA, le Premier ministre Keir Starmer se veut plus pragmatique. « Nous devons faire en sorte que les bénéfices de l’IA l’emportent sur les risques », a-t-il affirmé, tout en soulignant que le Royaume-Uni ne pouvait pas se permettre de rester à la traîne dans ce domaine stratégique.
En 2023, l’ancien Premier ministre Rishi Sunak avait organisé un sommet pour aborder les risques associés à l’IA, mais le gouvernement actuel préfère se concentrer sur les opportunités qu’offre cette technologie, notamment en termes d’emplois et de compétitivité.
Une relance économique sous pression
Cependant, ce plan ambitieux ne se déroule pas sans obstacles. Le Royaume-Uni fait face à une situation économique complexe : croissance atone, hausse des coûts d’emprunt et baisse de la livre sterling. Ces facteurs pourraient entraîner de nouvelles hausses d’impôts ou des coupes budgétaires, ce qui complique la tâche du gouvernement pour maintenir ses promesses de relance économique.
Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet, a fait de la relance économique une priorité, mais il devra faire face à des défis de taille pour assurer le succès de ce plan ambitieux.
