Invité de « La Grande Confrontation » sur LCI jeudi soir, Bruno Retailleau a vivement réagi à la décision du tribunal administratif de Melun d’annuler l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) de l’influenceur algérien « Doualemn », et de le remettre en liberté.
Expulsé en raison de messages de haine publiés sur les réseaux sociaux, ce dernier avait été renvoyé en France par l’Algérie en janvier.
Un cadre juridique controversé
Face à cette décision, Bruno Retailleau n’a pas caché son indignation, voyant dans cette affaire l’illustration des difficultés liées à l’expulsion des étrangers en situation irrégulière.
« Nous avons affaire à un individu entré illégalement sur le territoire et condamné six fois par la justice« , a rappelé le ministre de l’Intérieur, soulignant l’urgence d’une réforme du cadre juridique en matière d’immigration. « Aujourd’hui, nous avons une multitude de règles qui ne protègent pas la société française« , a-t-il déploré, annonçant son intention de faire appel.
Vers une restriction du droit du sol ?
Interrogé sur la politique migratoire, le sénateur de Vendée a plaidé pour une restriction du droit du sol, en s’appuyant sur la proposition de loi adoptée à Mayotte. « Les capacités d’accueil de la France sont aujourd’hui dépassées et certains refusent de s’intégrer« , a-t-il affirmé, se disant favorable à un référendum permettant aux Français de s’exprimer directement sur la question.
Un combat renforcé contre le narcotrafic
Abordant la lutte contre le narcotrafic, Retailleau est revenu sur le clip choc dévoilé plus tôt dans la journée, visant à sensibiliser les consommateurs sur leur responsabilité dans l’écosystème de la drogue. « Je sais qu’il y a un problème de santé publique, mais je veux qu’un consommateur d’un joint ou d’un rail de coke sache qu’il participe directement à cet écosystème criminel« , a-t-il martelé.
Alors que son nom circule pour prendre la tête du parti Les Républicains, Bruno Retailleau reste prudent sur ses ambitions. « Rien n’est décidé, mais je veux jouer un rôle« , a-t-il déclaré, tout en réaffirmant sa volonté de contribuer à la reconstruction de la droite républicaine, affaiblie par une série d’échecs électoraux.
Ces déclarations, intervenant dans un climat politique tendu, alimentent un débat vif sur l’immigration et la sécurité. Entre volonté de fermeté et respect des droits fondamentaux, la question reste sensible et suscite des réactions contrastées. Reste à voir si les propositions du sénateur trouveront un écho favorable au sein de la classe politique et de l’opinion publique.
