L’attractivité économique de la France en perte de vitesse ? Selon une étude récente de la Scet, filiale de la Caisse des dépôts, réalisée en partenariat avec le cabinet Ancoris, les projets d’investissement ont diminué de 5% entre 2023 et 2024. Le secteur industriel est particulièrement touché avec une chute de 17% des projets.
Un climat d’incertitude pesant sur l’investissement
Les causes de ce ralentissement sont multiples. L’incertitude politique, amplifiée par la dissolution de l’Assemblée nationale et l’instabilité gouvernementale, combinée aux tensions économiques, freine les prises de décision des investisseurs. En conséquence, le nombre total de projets recensés est passé de 1.694 en 2023 à 1.596 en 2024.
« Nous ne pouvons plus adopter la politique de l’autruche« , alertent les signataires de l’enquête, qui invitent à « passer à la vitesse supérieure » pour redynamiser l’attractivité du pays.
Un recul préoccupant des investissements étrangers
Autre indicateur inquiétant, la baisse des investissements directs étrangers. Ceux-ci représentaient 12% des projets en 2020-2021, mais sont tombés à seulement 4% en 2024.
Cette tendance illustre un décrochage structurel face à la concurrence internationale. « Le tableau général invite à dresser un constat en clair-obscur des dynamiques d’attractivité sur nos territoires et un regard lucide sur notre décrochage structurel, aujourd’hui bien réel« , notent Guillaume Gady, co-fondateur d’Ancoris, et Christophe Lasnier, directeur général adjoint de la Scet.
Des secteurs résilients et des espoirs de relance
Malgré ce contexte morose, certains secteurs connaissent une embellie. La logistique affiche une progression de 4,4% en 2024, avec 379 projets enregistrés. Ce rebond montre qu’une stratégie adaptée et des mesures incitatives peuvent stimuler la relance.
Les défis pour renforcer l’attractivité
Face à ces difficultés, 52% des décideurs territoriaux considèrent l’attractivité économique comme un enjeu majeur. Cependant, des freins persistent, notamment en matière de recrutement dans le secteur de l’industrie (60.000 postes non pourvus), l’accès limité au foncier et à l’offre immobilière.
Pour 57% des décideurs interrogés, la qualité du réseau de transports et des infrastructures constitue un critère crucial lors de la décision d’implantation d’une entreprise. D’autres facteurs sont également jugés déterminants, tels que la qualité de l’environnement de travail pour les salariés (47%) et le cadre de vie (42%).
RSE et décarbonation : un enjeu à ne pas négliger
Si la France a progressé en matière de décarbonation, la proportion d’entreprises intégrant une démarche RSE dans leurs projets est passée de 27% en 2023 à 23% en 2024. « Dans un contexte économique incertain, l’un des principaux risques est de relâcher les efforts en matière de décarbonation« , prévient l’étude. En effet, de nombreuses entreprises préfèrent aujourd’hui assurer la sécurité de leur trésorerie au détriment de projets environnementaux et sociétaux.
Le recul des investissements en France est un signal d’alarme qui nécessite une réaction rapide et coordonnée. Des politiques de soutien ciblées, une simplification réglementaire et une stratégie européenne renforcée sont essentielles pour inverser la tendance et restaurer la confiance des investisseurs.
