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Carburants : 190 millions d’euros de recettes supplémentaires, le gouvernement privilégie la redistribution

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  • Portées par la hausse des prix à la pompe, les recettes issues des taxes sur les carburants ont progressé de 190 millions d’euros en mars et avril.
  • Le gouvernement assure vouloir les reverser intégralement sous forme d’aides, tout en écartant à ce stade une taxation exceptionnelle des groupes pétroliers.

  L’exécutif revendique une gestion « neutre » des recettes supplémentaires liées à l’envolée des prix de l’énergie. Lundi 4 mai, le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué que les taxes sur les carburants avaient généré 190 millions d’euros de recettes additionnelles sur les mois de mars et avril, comparé à la même période l’an dernier.

 « Ce surplus ne sera pas conservé par l’État : il financera intégralement les 380 millions d’euros d’aides déjà annoncées », a-t-il précisé.

Une progression que Matignon attribue à un effet prix : « des prix plus élevés, donc plus de TVA ».

Dans un environnement international marqué par de fortes tensions, le chef du gouvernement a rappelé la ligne de conduite de l’exécutif, estimant que « la crise énergétique liée à la guerre en Iran ne doit enrichir personne ».

L’hypothèse d’une réponse coordonnée au niveau européen

En déplacement en Arménie à l’occasion du sommet de la Communauté politique européenne, le président Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d’une action coordonnée face à d’éventuels comportements opportunistes.

 « Une réponse européenne » pourrait être envisagée en cas de « profits excessifs ou des comportements prédateurs ou spéculateurs », a-t-il indiqué, tout en appelant à une meilleure transmission des variations de prix au bénéfice des consommateurs.

« On doit s’assurer que quand les prix montent, ils soient répercutés le plus tard possible, et quand les prix baissent ils soient répercutés le plus tard possible pour que nos consommateurs ne soient pas les principales victimes », a-t-il poursuivi.

Le chef de l’État a néanmoins tempéré les critiques visant les producteurs, estimant qu’« il n’y a pas de producteurs en train de faire beaucoup d’argent et faire monter le prix à dessein« .

Le détroit d’Ormuz, facteur clé des tensions sur les marchés

L’origine de la hausse actuelle des prix de l’énergie reste, selon l’exécutif, essentiellement géopolitique. La fermeture du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole, perturbe durablement les flux.

 « La cause aujourd’hui, c’est qu’on a le détroit d’Ormuz fermé depuis des semaines. Notre énergie, on doit surtout la mettre à réouvrir le détroit d’Ormuz », a insisté Emmanuel Macron.

Surprofits pétroliers : un débat politique relancé

Dans ce contexte, les performances financières de TotalEnergies alimentent les débats politiques. Le Parti socialiste a déposé une proposition de loi visant à instaurer une taxation des profits exceptionnels, une position également défendue par le Rassemblement national.

Le gouvernement, lui, s’en tient pour l’instant à une ligne de prudence budgétaire et fiscale. Aucune contribution exceptionnelle n’est envisagée à ce stade. Sébastien Lecornu a néanmoins appelé le groupe à renforcer ses efforts en matière de modération tarifaire, plaidant pour « un plafonnement généreux des prix à la pompe ».

En France, TotalEnergies applique actuellement un plafonnement volontaire de ses tarifs : 1,99 euro par litre pour l’essence sans plomb et 2,09 euros pour le diesel. Le groupe a indiqué maintenir ce dispositif tant que durera la crise au Moyen-Orient.

 Confronté à des marges de manœuvre budgétaires limitées, l’exécutif privilégie des dispositifs ciblés à destination des secteurs les plus exposés, plutôt qu’une intervention généralisée sur les prix ou la fiscalité.

 

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