- La ministre française de la Culture, Rachida Dati, s’est rendue ce 17 février dans les villes de Tarfaya, Laâyoune et Dakhla, un déplacement qui marque une nouvelle étape dans les relations franco-marocaines.
- Cet événement diplomatique majeur souligne l’alignement de la France sur la position marocaine concernant le Sahara occidental, un territoire non autonome, contrôlé à 80 % par Rabat mais revendiqué par les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie
Rachida Dati est devenue la première ministre française à se rendre dans le Sahara occidental, une ex-colonie espagnole contrôlée à 80 % par le Maroc mais revendiquée par le Front Polisario, soutenu par l’Algérie. Sa visite s’inscrit dans la continuité du soutien exprimé par Emmanuel Macron au plan d’autonomie marocain pour cette région.
Lors de son déplacement, Rachida Dati a inauguré un centre culturel français à Laâyoune, déclarant à l’AFP : « C’est la première fois qu’un ministre français vient dans les provinces du Sud. » Elle a estimé que cette initiative « démontre que le présent et l’avenir de cette région s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine ».
La position française et ses implications diplomatiques
Depuis juillet dernier, la France a progressivement ajusté sa position sur le Sahara occidental. Emmanuel Macron a exprimé un soutien appuyé au plan d’autonomie proposé par Rabat, rompant avec la neutralité traditionnelle de la diplomatie française qui privilégiait jusque-là le processus de l’ONU. Cette prise de position a entraîné des tensions avec l’Algérie, qui soutient l’autodétermination du territoire.

En octobre, lors d’une visite officielle au Maroc, le président français avait promis « l’engagement diplomatique » de la France pour pousser la solution marocaine sur le Sahara occidental à l’ONU et au sein de l’Union européenne. Cette évolution diplomatique conforte la stratégie du Maroc visant à obtenir une reconnaissance internationale de sa souveraineté sur le Sahara occidental.
Un enjeu culturel et stratégique
Au-delà de l’aspect diplomatique, la visite de Rachida Dati a également mis en avant des initiatives culturelles renforçant les liens entre la France et le Maroc. L’antenne de l’Alliance française qui sera implantée à Laâyoune a pour objectif de promouvoir la langue et la culture françaises. « Nous souhaitons que cette Alliance française devienne un lieu phare de notre coopération France et Maroc », a affirmé la ministre.
« La Ministre a visité la forteresse historique de Casamar à Tarfaya, ainsi que le Musée Antoine de Saint-Exupéry, consacré au célèbre écrivain, poète et aviateur français qui fut chef d’aéroplace de 1927 à 1928« , indique le communiqué du ministère français de la Culture.
Rachida Dati annoncé la réalisation prochaine d’une « collection numérique d’œuvres sur les liens entre Saint-Exupéry et le Sahara qui sera diffusée dans l’ensemble des 563 musées numériques développés par l’établissement public La Villette (dont 6 au Maroc) « .

De plus, Rachida Dati s’est rendue à Dakhla, à 500 km au sud de Laâyoune, pour inaugurer une annexe de l’Institut supérieur des métiers du cinéma Ismac, en compagnie de son homologue marocain, Mehdi Bensaïd. Selon un communiqué du ministère de la Culture marocain, cette visite « revêt une dimension politique après la reconnaissance par la France de la pleine souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud ».
La visite de Rachida Dati au Sahara occidental illustre un tournant décisif dans la politique étrangère française vis-à-vis de ce territoire disputé. Par son engagement diplomatique et culturel, la France confirme son soutien au Maroc, au risque de creuser davantage le fossé avec l’Algérie. Ce réalignement stratégique pourrait avoir des répercussions importantes sur les relations franco-maghrébines et la stabilité de la région.
